Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Nos sources 

Archives municipales : matrices cadastrales, états nominatifs etc.

Archives départementales : actes notariés ; dossier H 2182 ; livre   de François Dainville « La carte de Guyenne » n° BIB- BR4250 et de livre de Laurent Costa et Sandrine Robert « Guide de lecture des cartes anciennes »

Archives Bordeaux Métropole : Fonds Baurein n° II 20 ; ordonnances de la Jurade n° BB 116

Médiathèque Mériadeck Fonds patrimoniaux : « L’aventure des cartes graphiques » de Jean Lefort éditions Belin de

Introduction

Après avoir travaillé sur les moulins à eau à Eysines et pour répondre à l’interrogation sur l’existence d’un moulin à vent que suggère le nom d’une rue de la commune nous nous sommes intéressées à ce sujet. Mais nous nous sommes tout de suite heurtées à la question fondamentale de sa situation.

Le Moulin à Vent au Bourg ?

Selon les informations qui se trouvent sur les cartes de Cassini* et de Belleyme* ainsi que celles du Fonds Baurein*, le moulin à vent se situerait sur la première croupe du Bourg à proximité de l’ancienne église et de la maison noble de Lescalle, près de l’actuelle place du IV septembre.

Publicité
Le moulin à vent par l’abbé Baurein (Photo Connaissance d’Eysines aux Archives Bordeaux Métropole : Fonds Baurein n° II 20 )

Le moulin à vent par l’abbé Baurein (Photo Connaissance d’Eysines aux Archives Bordeaux Métropole : Fonds Baurein n° II 20 )

Dans le Fonds Baurein nous trouvons, écrit de la main de l’abbé Baurein un extrait d’une ordonnance de la Jurade sous le titre Moulins à vent daté de 1749, « Ordonnance sur requête pour laquelle MM. les Jurats permettent à Guilhaume Ponson dit Guilhaumet marchand boulanger du bourg d’Eysines, de construire un moulin dans un circuit d’environ quarante-huit ou cinquante pieds de son four qui relève à fief de quelques seigneurs particuliers ». L’abbé Baurein a-t-il donné aux ingénieurs de Cassini cette information reprise ensuite par Belleyme ? Les dessinateurs et graveurs des cartes représentent alors le moulin à vent sur la première croupe au bord des marais …

 Le moulin à vent : en 1er, sur la carte de Cassini de Thury ( BNF Gallica) et en 2ème  : sur la carte de Belleyme (ADG)
 Le moulin à vent : en 1er, sur la carte de Cassini de Thury ( BNF Gallica) et en 2ème  : sur la carte de Belleyme (ADG)

Le moulin à vent : en 1er, sur la carte de Cassini de Thury ( BNF Gallica) et en 2ème : sur la carte de Belleyme (ADG)

Publicité

Or, aujourd’hui, ces cartes ne sont pas considérées comme exactes même si en leur temps elles ont été supervisées par l’Académie. Le symbole du moulin à vent n’apparait que sur les cartes de Cassini et de Belleyme. Il ne figure pas sur la carte de Claude Masse, antérieure d’une cinquantaine d’années environ (1724), ni sur les cadastres napoléoniens du début du XIXe siècle. Cependant sur le cadastre de 1844 figure un lieudit « Moulin à vent » situé dans un lieu différent de celui des cartes précédemment citées et à l’emplacement de l’actuelle rue du moulin à Vent !

Le premier document rédigé sur l’histoire du moulin a été publié en 2009, sur le site de Porte du Médoc par Michel Baron. En relisant ce texte et avec tout le respect que nous devons à Michel, nous avons trouvé des confusions entre les lieudits qui nous ont amené à une lecture plus approfondie des ordonnances de la Jurade et des actes notariés, ce qui nous a ouvert une nouvelle piste.

Le Moulin à Vent à Cap de Haut au Vigean ?

Nous avons consulté directement l’ordonnance de la Jurade citée par l’abbé Baurein et divers actes notariés ainsi que les archives du Temple de Bordeaux puisque la majorité des parcelles du Vigean relève de leur directe. Dans tout ce que nous avons relevé, le lieu est bien nommé Cap de Haut. Or, Cap de Haut n’existe pas au Bourg, c’est un lieudit au Vigean. Nous avons enquêté et il ne peut y avoir dans une même paroisse, dénommée commune après la Révolution, plusieurs lieudits portant le même nom dans des sections (quartiers) différentes !

Le 27 septembre 1749, une ordonnance de la Jurade (aux archives de Bordeaux Métropole n° BB 116) fait part d’une requête de Guillaume Ponson aux Jurats : « …A messieurs ledit maire, soumaire et jurats gouverneurs de Bordeaux, juges criminels et de police, baron de la baronnie et prévôté d’Eizines,

Supplie humblement Guilhaume Ponson dit Guilhaumet marchand boulanger du bourg d’Eysines, disant qu’étant exposé en cette qualité à fournir du pain et de la farine aux habitants du même lieu et du voisinage et ayant souvent éprouvé à cette occasion des dommages, pertes et retardements considérables à cause du dérangement ou de l’insuffisance assez ordinaire des moulins du pain, ces inconvénients lui ont fait prendre le dessein de faire bâtir à sa portée un moulin à vent à un circuit d’environ quarante-huit ou cinquante pieds dedans son fonds qui relève à fief de quelques seigneurs particuliers de l’endroit et quoi qu’il semble que cela lui fut libre tout comme de bâtir une maison ou autre édifice, néanmoins à cause du vent et pour ne rien omettre de ce qu’il vous doit comme seigneurs hauts justiciers, il a recour à votre bonté et justice pour obtenir votre permission à ce sujet, laquelle il espère d’autant plus que vous voudrez bien lui accorder, qu’outre l’avantage et l’utilité au public cela ne peut faire aucun tort ni préjudice à qui que ce soit, Ce considéré Messieurs il vous plaise de votre grâce accorder au suppliant la permission de faire construire et bâtir un moulin à vent à sa portée et dans son fonds qui relève à fief de quelque seigneur particulier et ferez justice, signé à l’original G. Ponson suppliant. »

Et la réponse des Jurats : « Le maire, soumaire et jurats gouverneurs de Bordeaux, Comté d’Ornon, baronnie de Veyrines, prévôt et seigneur d’Eysines et de la petite prévôté et banlieue d’entre deux mers, juges criminels et de police du consentement du procureur syndic faisant droit et conclusion de la présente requête ont permis et permettent au suppliant de faire construire et bâtir un moulin à vent dans le fonds à lui appartenant A Bordeaux en Jurade le 26 septembre 1749 signé à l’original Roborel de Climens jurat et Maignol procureur syndic de la ville ».

Ordonnance de la Jurade (Photos Connaissance d’Eysines aux Archives Bordeaux Métropole : n° BB 116)
Ordonnance de la Jurade (Photos Connaissance d’Eysines aux Archives Bordeaux Métropole : n° BB 116)

Ordonnance de la Jurade (Photos Connaissance d’Eysines aux Archives Bordeaux Métropole : n° BB 116)

Guillaume Ponson est propriétaire au Bourg où il a sa boulangerie et d’autres parcelles mais il possède aussi des terres au Vigean. Il ne demande pas de construire près de son four mais dans son fonds et il spécifie bien qu’il devra faire attention au vent. Chacun sait bien qu’un moulin à vent doit être en hauteur sur des terrains dégagés pour capter le maximum de vent.

Le 2 novembre 1750 (aux archives départementales n° 3 E 28317) Guillaume échange avec son frères Arnaud des parcelles. Ainsi Guillaume abandonne des parcelles à la Biblanque au Bourg pour des parcelles à Cap de Haut au Vigean.

Sans date (aux archives départementales n° H 2182) « A Monseigneur le Grand Maitre Commandeur et Chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, Guillaume Ponson marchand du bourg et paroisse d’Eysines en graves de Bordeaux a l’honneur de vous représenter qu’ayant acquis du sieur Coulan avocat en la Cour et du nommé Arnaud Massies dit Moutinon deux courrèges de vigne attenantes l’une à l’autre qui sont dans la mouvance de la Commanderie du Temple de Bordeaux à l’agrière au quint des fruits formant la contenance d’un demi journal ou le carreau de vingt-sept pieds de la mesure bourdeloise  entièrement ruinée situées dans ladite paroisse d’Eysines au lieu appelé au Cap de haut sur lesquelles dites deux courrèges de vigne , le remontrant se disant y faire bâtir un moulin à vent avec une maison et jardin pour le meunier, parcs et granges pour l’utilité dudit moulin, et en celle d’augmenter considérablement le terrain sur lequel il fera bâtir ledit moulin qui lui reviendra à une somme de quatre mille livres dans le temps que lesdites deux courrèges de vigne ne valent que deux cents francs.

Et comme le remontrant ne peut raisonnablement faire bâtir sur ce terrain ledit moulin et augmenter d’un prix aussi considérable que ce qu’il veut, fait si ladite agrière et quint des fruits ne lui est sommé et mis à la rente de quarante sols par an qui est tout ce que peut valoir bon an mal an le susdit quint attendu que la maigreur et fertilité desdites deux courrèges de vigne. En considération de l’augmentation dudit fonds qui formera dans la suite du temps à la Commanderie des lods et ventes assez considérables, c’est pourquoi il a recours à l’Ordre pour obtenir de lui la susdite rente annuelle de quarante sols pour qu’il puisse tout de suite faire ratio ledit moulin sur lesdites deux courrèges de vigne.» signé G Ponson. Un plan du moulin et des constructions annexes sur le terrain est joint à ce texte. Ce croquis comporte aussi les chemins et surtout le dessin d’une bâtisse située au sud-est et dénommée « maison à Messire Ségur »…

Les trois pages  de la demande de Guillaume Ponson au Commandeur du Temple (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Les trois pages  de la demande de Guillaume Ponson au Commandeur du Temple (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Les trois pages  de la demande de Guillaume Ponson au Commandeur du Temple (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Les trois pages de la demande de Guillaume Ponson au Commandeur du Temple (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Publicité

Le 27 juin 1751 (aux archives départementales n° 3 E 28318) Guillaume Ponson dans « un acte responsif » se défend d’avoir causé de grands préjudices à messire Jean Baptiste Cazalet écuyer avocat en la cour

 

Les trois premières pages de l’acte du 27 juin 1751(Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Les trois premières pages de l’acte du 27 juin 1751(Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Les trois premières pages de l’acte du 27 juin 1751(Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Les trois premières pages de l’acte du 27 juin 1751(Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

… tant pour lui que pour la dame Croizillac son épouse tous deux seigneurs de la maison noble de Lescalle située au Bourg d’Eysines … dans la préoccupation de se faire une assiette et hauteur solide pour un moulin à vent qu’il fait construire au lieu de Cap de Haut… » Ainsi Guillaume ne construit pas son moulin au Bourg mais bien à Cap de Haut ! Il prend de la terre pour la remonter auprès de son futur moulin sans se rendre compte qu’il détruit ainsi le soutènement d’un mur de l’enclos de Cazalet qui possède aussi des terres à Cap de haut car plus loin on lit « au-derrière du mur de l’enclos dudit Cazalet jusqu’au chemin de Blanquefort au Vigean qui est au bas dans la plaine n’était pas  des appartenances et dépendances de ladite maison noble de Lescalle … une certaine quantité dans quelques étendues aux fins susdites de lever l’assiette de son dit moulin ». Le chemin du Vigean à Blanquefort est l’actuelle route de Pauillac, nous sommes bien au Vigean à Cap de Haut.

25 juillet 1767, lors du mariage d’Etienne Ponson (aux archives départementales n° 3 E 28252) Guillaume, son père fait le partage de ses biens. Guillaume possède des terres dans la palu de Bordeaux et à Eysines des propriétés bâties, des vignes et autres au Bourg et au Vigean (Cap de Haut, aux Deux chemins, à La Croix, aux Treytins, à Lagassey, etc.). Le moulin à vent, situé au lieu Cap de Haut est donné à son fils aîné Jean. A la fin de l’acte, Guillaume se réserve la jouissance pendant sa vie de la maison et chay dudit village du Vigean appartenant audit François, de plus appartenant à Jean et Etienne quatre pièces de pré situées au Pradinat dans la palu de Bordeaux… ». Jean est boulanger et hérite du bâti et du four au Bourg.

Extrait de l’acte de 1767 concernant le moulin à vent (Photo Connaissance d’Eysines aux AD)

Extrait de l’acte de 1767 concernant le moulin à vent (Photo Connaissance d’Eysines aux AD)

Le 3 août 1768, (aux archives départementales n° 3 E 28253) Jean Ponson boulanger habitant au Bourg signe un bail à ferme du moulin à vent à Jean Blain meunier. Le moulin et tous ses « ustensiles » sont décrits mais rien sur sa situation :

« … dans lequel moulin il y a une barre de fer de 3 pieds de longueur, un câble demi neuf, 2 achets l’un en marteau et taillant et l’autre ordinaire de moyenne grandeur, 1 esse de fer pour lever la meule, 6 pics de fer pesant en tout 19 livres 1 quart, qu’à l’égard de la tonnelle, rouet et lanterne en bon état, les 2 vergues l’une neuve et l’autre demi neuve garnies de 8 toiles dont 4 sont demi neuves et les autres pouvant encore servir, quelques temps… ledit preneur du susdit moulin … s’engage d’entretenir les vergues, arbre, rouet pendant le temps de sept années… s’il y survenait quelque avarie audit moulin par la faute dudit Blain preneur celui-ci sera obligé de le réparer à ses frais… ledit Blain preneur sera tenu comme il promet et s’oblige de faire moudre chaque année pour ledit Ponson le nombre de 300 boisseaux de bled soit de froment soit de seigle mesure de Bordeaux, lequel bled ledit Ponson fera porter dans ledit moulin pour le faire moudre et la farine sera rendue chez lui par ledit preneur, à l’égard de l’autre bled que ledit preneur fera moudre pour ledit Ponson au-delà desdits 300 boisseaux même mesure, icelui pourra et donnera audit preneur 10 sols pour chaque boisseau pour droit de moudre, lesquels farines ledit preneur lui rendra au poids ce qui est de convention expresse…  à la fin du présent bail ledit Blain… si alors lesdites meules ne plus de la même épaisseur de 9 pouces chacune, ledit preneur paira la dimension à dire d’expert en sorte que le tout soit en même état sauf l’usage ordinaire… »

Actes de l’An 3 : 24 messidor dernière page et 24 thermidor première page (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Actes de l’An 3 : 24 messidor dernière page et 24 thermidor première page (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Actes de l’An 3 : 24 messidor dernière page et 24 thermidor première page (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Le 24 messidor an 3 ou 12 juillet 1795 (aux archives départementales n° 3 E24469) Jean Ponson fait lui aussi le partage de ses biens, et c’est son fils Guillaume boulanger demeurant à Bordeaux qui hérite du moulin…

Le 24 thermidor an 3 ou 11 août 1795 (aux archives départementales n°3 E 24469), un marché et accord est passé entre Guillaume Ponson et Pierre Lacaze au sujet des matériaux de démolition du moulin à vent.

Ainsi le moulin à vent construit après le 27 juin 1751 est démoli après le 11 août 1795, il aura existé seulement quarante-quatre années !

Conclusion

Durant quarante-quatre années un moulin à vent appartenant à la famille Ponson produit donc de la farine à Eysines.  Dès 1751 il est localisé à Cap de Haut, lieudit du Vigean, à proximité de la maison Ségur. En 1844, lors de l’établissement du second cadastre, un lieudit « Moulin à Vent » est ajouté au Bourg.

Cadastres de 1808 et de 1844 (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)
Cadastres de 1808 et de 1844 (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

Cadastres de 1808 et de 1844 (Photos Connaissance d’Eysines aux AD)

le croquis du moulin de la dernière page du document des AD n° H 2182

le croquis du moulin de la dernière page du document des AD n° H 2182

Mais les textes dans les dossiers H 2182, 3 E 28318 et 3 E 28252 aux archives départementales ne laissent aucun doute sur le lieu appelé Cap de Haut au Vigean dans la mouvance du Temple de Bordeaux et le moulin situé à proximité de la maison de Ségur !

 

Jamais jusqu’ici nous n’avions mis en doute des écrits de l’abbé Baurein et cependant en relisant avec attention « Saint Martin d’Eysines » dans les Variétés Bordelaises, nous constatons qu’il écrit beaucoup au conditionnel, il n’affirme jamais complétement… En relevant l’ordonnance de la Jurade et en écrivant four à la place de fonds, l’abbé Baurein n’imaginait certainement pas qu’il allait semer le trouble… Malgré cela un profond respect nous anime en pensant à ce qu’il a fait durant sa vie en tant que premier archiviste du Bordelais.

N’oublions donc pas qu’il faut toujours vérifier les sources, continuer d’explorer les fonds si riches des archives départementales et lire avec une grande attention tout ce que nous trouvons, même si certains greffiers ont une calligraphie qui nous occupe à plusieurs de très longues heures…

Des moulins girondins restaurés datant du XVIIIe siècle : Calon à Montagne, Cussol à Verdelais, Grand puy à Lansac. Le moulin à vent d’Eysines ressemblait-il à l’un d’eux ?
Des moulins girondins restaurés datant du XVIIIe siècle : Calon à Montagne, Cussol à Verdelais, Grand puy à Lansac. Le moulin à vent d’Eysines ressemblait-il à l’un d’eux ?
Des moulins girondins restaurés datant du XVIIIe siècle : Calon à Montagne, Cussol à Verdelais, Grand puy à Lansac. Le moulin à vent d’Eysines ressemblait-il à l’un d’eux ?

Des moulins girondins restaurés datant du XVIIIe siècle : Calon à Montagne, Cussol à Verdelais, Grand puy à Lansac. Le moulin à vent d’Eysines ressemblait-il à l’un d’eux ?

Notes

*La carte de Cassini : Cette carte est aussi appelée « carte de l’Académie », cette noble institution supervisant et subventionnant les travaux. La famille Cassini compte quatre générations participant aux travaux : Jean Dominique Cassini (1625 – 1712), Jacques Cassini (1677 – 1756), César François Cassini de Thury (1714 – 1784) et enfin Jean Dominique Cassini (1748 – 1845). En 1737, Jacques Cassini et son fils Cassini de Thury achèvent la triangulation des côtes de l’Océan, qui est une sécurité pour la Royale. En 1738, le contrôleur général des Finances ordonne l’établissement d’une carte du Royaume comprenant aussi les routes, les grands chemins. La première carte est publiée en 1746 ou 1747 en 16 planches. La carte de Guyenne est décidée en 1761 par l’intendant de Bordeaux. Plusieurs ingénieurs y travaillent : De Pasquier dessine le Périgord et le Médoc, Fontaine est sur place en 1756, Michaud continue de 1761 jusqu’à son décès en 1770 (enterré à Saint Seurin).

*La carte de Belleyme : Né en Dordogne, Pierre de Belleyme débute très jeune comme officier du génie, en 1766 à vingt ans seulement, il est employé en qualité de sous-ingénieur géographe de Sa Majesté pour la levée et vérification de la carte topographique de Guyenne. Il y travaille jusqu’en 1771. A partir de 1780 à Paris, il prend la direction des opérations de gravure. C’est ainsi que la carte de Belleyme succède à la carte de Cassini.

*L’abbé Baurein est né en 1713 à Bordeaux et y décède en 1790. Après des études au séminaire Saint Raphaël, il est vicaire à Cissac puis à Saint André de Cubzac. Son travail d’historien et d’archiviste débute en 1754 lorsqu’il classe les archives de la paroisse Saint Michel et celles de sa Fabrique. Il continue certainement de faire des recherches dans les fonds religieux et privés et à partir de 1758 ses articles paraissent dans le « Recueil des annonces pour la ville de Bordeaux ». En 1761 il est reçu à l’Académie de Bordeaux, vers 1772 il est administrateur du Temple de Bordeaux. Entre 1784 et 1786 est édité son livre le plus connu actuellement les « Variétés Bordelaises », cet ouvrage étant réédité plusieurs fois par la suite.

Marie-Hélène Guillemet et Elisabeth Roux

Relecture de Cédric Lavigne

Pour compléter nos recherches nous avons interrogé M. Cédric Lavigne archéogéographe, qui nous a répondu que les photographies aériennes des années 1940/50 et postérieures ne sont pas à une échelle suffisamment grande pour permettre de détecter des vestiges archéologiques. Quant aux images LIDAR de l’IGN (laser aéroporté qui permet une lecture fine du sur-sol), elles sont difficilement exploitables en raison de la densité des constructions.

 

Tag(s) : #Histoire
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :