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Sources :

Renseignements fournis par leurs fils Eric et Hervé Degoul

Archives municipales d’Eysines : listes électorales, élections municipales, délibérations du conseil municipal

Documents de Connaissance d’Eysines : Mag Eysines et autres

Mairie du Porge

Fin 2024, à Eysines, deux événements ont ravivé la mémoire de Jean Degoul et de son épouse Jeanine. Le 16 novembre ont été célébrés les quarante ans de la bibliothèque municipale, devenue médiathèque en 2009. Elle porte le nom de Jean Degoul en hommage à son investissement au conseil municipal en faveur de sa création. Les 23,24 et 25 novembre notre association Connaissance d’Eysines a organisé une exposition intitulée « L’école à Eysines, d’hier à aujourd’hui ». A cette occasion ont été cités les noms de Jean et Jeanine Degoul qui ont effectué une grande partie de leur carrière à l’école Raymond Claverie du Grand-Caillou.

M et Mme Degoul : une carrière d’instituteurs

Pour retracer la vie et la carrière de ce couple ayant vécu de nombreuses années à Eysines et resté très présent dans le souvenir de tous, nous nous sommes appuyés sur les renseignements aimablement fournis par leurs fils Eric et Hervé, n’hésitant pas à citer de nombreux extraits de leurs témoignages.   

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M.et Mme Degoul en 1981 lors d’une fête à Eysines (archives privées)

M.et Mme Degoul en 1981 lors d’une fête à Eysines (archives privées)

Origines et formation

M. Degoul Jean Robert est né le 12 juin 1931 à Saint-Germain-du-Puch, il était le fils aîné de parents viticulteurs. Il est allé à l’école de Saint Germain puis à Libourne pour le cours complémentaire. Il fut ensuite reçu au concours d’entrée à l’école normale d’instituteurs de Mérignac.

Mme Degoul est née Jeanine Gautey le 22 février 1933 à Lormont où elle est allée à l’école. Puis elle a fait son cours complémentaire à Bordeaux et elle est ensuite entrée à l’école normale d’institutrices à Caudéran.

Ecole normale des garçons et école normale des filles (Cartes postales)
Ecole normale des garçons et école normale des filles (Cartes postales)

Ecole normale des garçons et école normale des filles (Cartes postales)

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Carrière avant Eysines

A sa sortie de l’école normale, le premier poste d’instituteur de M. Degoul fut à Pugnac Gravier en 1953 sans doute. Ce qui suivit fut sa période militaire. « Etant sursitaire, il commença son service militaire en 1954 à Tours où il suivit les cours d’élève officier de Réserve à l’Ecole d’Application du Train, il en sortit aspirant, partit en Allemagne et, comme la guerre d’Algérie s’intensifiait, fut muté au 22ème bataillon de Chasseurs Alpins et prit ses quartiers à Tizi-Ouzou en Grande Kabylie comme sous-lieutenant. Il fut démobilisé en début 1957 après 31 mois de service.

En ce qui concerne Mme Degoul son premier poste fut en 1954 à l’école des filles à La Teste pendant 2 ans où elle enseignait en CM 2, puis ensuite elle enseigna à l’aérium d’Arès pendant un an.

« En juin 1957, après que notre père eut été démobilisé, ils se marièrent à Gujan-Mestras où habitaient nos grands-parents maternels depuis 1949, et furent mutés au Porge où pour l’anecdote ils arrivèrent en train depuis Gujan-Mestras ». « Ils enseignèrent de 1957 à 1966 à l’école élémentaire du Porge ». « Ils furent en charge de CE1 puis de CE2 pour notre mère et de CE2 puis de CM1 pour notre père. Ils y restèrent 9 ans.

 Pendant toute cette période, notre père fut également l’entraineur des équipes de football du Porge ». Puis ils exercèrent durant cinq années à l’école de Petit Piquey où ils se répartissaient l’ensemble des niveaux entre eux deux : « maman avait la section enfantine, le cours préparatoire et les cours élémentaires 1 et 2 dans une même classe et papa avait les cours moyens 1 et 2 et les cours complémentaires 1 et 2 qui existaient à l’époque… ».  En 1966, M. Degoul est devenu directeur. « L’école de Petit Piquey n’avait que deux classes, les élèves étaient principalement les enfants des ostréiculteurs, des commerçants et des artisans du village. Une des grandes fiertés de notre père fut d’avoir un élève qui remporta le prix cantonal au certificat d’études.  Ils ont donc eu tous les deux quatre niveaux scolaires par classe pendant cinq ans. J’ai pour ma part eu la chance d’être l’élève de mon père à Piquey en CM1 et en CM2 » précise Hervé, « et je peux témoigner que pour les élèves, c’était fabuleux car nous apprenions énormément en étant au milieu de ces quatre niveaux. Ils restèrent 5 ans à cette école et la quittèrent donc en 1971 car elle allait être fermée dans un futur proche (2 ans plus tard me semble-t-il) ».

Eysines

Inauguration école du Grand Caillou en 1971 (Photos du bulletin municipal 1971)
Inauguration école du Grand Caillou en 1971 (Photos du bulletin municipal 1971)

Inauguration école du Grand Caillou en 1971 (Photos du bulletin municipal 1971)

Comme affectation suivante, M.et Mme Degoul choisirent l’école du Grand Caillou, qui était toute neuve et ils arrivent en août 1971 à Eysines. En effet, plusieurs membres de leur famille habitaient Eysines : les Corbari (la sœur de Jean, Colette, son mari Roger et leurs enfants Chantal et Alain) dans la rue de la Libération où ils tenaient un magasin de bonneterie, et les Nadeau (la sœur de Jeanine, Paulette, son mari Jean-René dit Micou, et leurs filles, Sylvie qui fut conseillère municipale à Eysines, et Laurence) à Migron.

M. Degoul dans sa classe de CM2 en 1980 et Mme Degoul dans la cour de l’école (Archives privées)
M. Degoul dans sa classe de CM2 en 1980 et Mme Degoul dans la cour de l’école (Archives privées)

M. Degoul dans sa classe de CM2 en 1980 et Mme Degoul dans la cour de l’école (Archives privées)

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Ils y enseignèrent en CM2 jusqu’en 1986 pour l’un et 1988 pour l’autre en CM1, car ils avaient deux ans d’écart. « Dans mon souvenir, l’école comptait 12 classes, le poste de directeur comportait beaucoup plus de responsabilités que précédemment pour notre père, et pour ce rôle, il disposait d’une demi-décharge. J’ai toujours vu notre père rechercher les responsabilités où que ce soit, et je crois pouvoir dire qu’à Eysines, il fut servi et en fut particulièrement heureux ».

« Papa est décédé le 12 octobre 1996 à Caudéran dans le centre de soins palliatifs « les Dames du Calvaire » et maman le 08 novembre 2002, à Eysines. Elle a vécu jusqu’à la fin dans leur appartement de Migron ». « Après le décès de papa, maman a partagé beaucoup de temps avec nous (ma femme et moi) et a pris beaucoup de plaisir avec nos enfants qui étaient alors tout petits », se souvient Hervé.   

Fête des écoles au Pinsan et départ pour la classe de neige (Archives privées)
Fête des écoles au Pinsan et départ pour la classe de neige (Archives privées)

Fête des écoles au Pinsan et départ pour la classe de neige (Archives privées)

M. Degoul, conseiller municipal et la création de la bibliothèque

Aujourd’hui la médiathèque d’Eysines porte, après la bibliothèque à laquelle elle a succédé, le nom de Jean Degoul . Cette dénomination a été voulue comme un hommage à l’action de M. Degoul au sein du conseil municipal où il a été élu en mars 1983 puis à nouveau en mars 1989 et enfin en juin 1995.

Après les élections municipales du 12 mars 1983, le nouveau conseil municipal se réunit le 29 mars. Monsieur le maire donne lecture de la composition des commissions. M. Degoul est affecté à l'urbanisme, à la culture et aux loisirs, et à la sécurité. De plus, il est désigné comme représentant du conseil municipal dans plusieurs sociétés, comités, associations, conseils d’administration touchant à ces domaines …

Signature M. Degoul (Photo Connaissance d’Eysines aux archives municipales)

Signature M. Degoul (Photo Connaissance d’Eysines aux archives municipales)

Lors de la séance du 7 juin suivant, il donne lecture d'un rapport pour la création d'une bibliothèque municipale. Il rappelle, en préambule que depuis 1975, l'association pour le développement de la lecture publique, offre aux eysinais petits et grands l'accès à sa bibliothèque, dans son local abrité par le foyer culturel. Cette association a exprimé la nécessité de son extension compte tenu de l'augmentation de la population. M. Degoul évoque alors dans sa déclaration que le développement de la lecture publique est l'une des priorités du ministère de la Culture. Le soutien ministériel se traduit concrètement par une aide financière pour créer un emploi de bibliothécaire et un poste de sous-bibliothécaire, cette aide représentant 50% du salaire et des charges sociales. Autre coup de pouce, une subvention exceptionnelle de fonctionnement pour la mise en service de la bibliothèque. Afin d'être éligible, il convient de recruter une bibliothécaire, d'acquérir 7500 volumes et d’aménager un local de 150 m2 . M.Degoul précise que le personnel déjà en place sera maintenu dans ses fonctions. Il invite ensuite le conseil à adopter le principe de création d'une bibliothèque municipale ce qui est fait à l’unanimité. 

Monsieur et Madame Degoul

Le 13 novembre 1984, M.Degoul  propose l’adjonction d'abonnements, tant pour la mairie que pour la bibliothèque. Il suggère l'abonnement au journal Sud-Ouest pour la mairie, et pour la bibliothèque divers abonnements dont une douzaine de titres jeunesse et neuf pour les adultes. Cette proposition est adoptée à l’unanimité. Il aborde dans un second temps le sujet du fonctionnement de la bibliothèque. L'ouverture au public est annoncée pour janvier 1985. Une bibliothécaire a été recrutée, le local, divisé en deux sections : adultes et enfants couvre désormais 150 m2, le fonds de roulement s'élève à 3 500 livres. On compte 134 adhérents adultes et 172 enfants. Il convient désormais de décider du prix des cotisations : M. Degoul propose la gratuité pour les moins de 18 ans et les plus de 60 ans, une cotisation annuelle de 30 francs pour les autres eysinais et de 50 francs pour les usagers extérieurs à la commune.

Le 25 juin 1985, Jean Degoul évoque la nécessité de la construction d'une maison du temps libre dans le quartier Le Vigean-Grand Caillou. A ce sujet, une décision de principe sur la candidature de la ville d'Eysines avait déjà été adoptée le 07 juin 1983. Ainsi, dans son courrier du 5 mars 1985, le Préfet annonce que ce projet est retenu et sera subventionné

 

à hauteur de 285 000 francs pour une superficie de 250 m2. M. Degoul avance que la salle polyvalente existante ne permet plus de couvrir tous les besoins formulés. Une participation va être demandée auprès de différents organismes tels que le Conseil régional, le Conseil général, la CAF etc. Une partie des membres du conseil considère que ce projet est onéreux et non prioritaire. M. Degoul s'étonne de cette hostilité, étant lui-même convaincu que cette construction offrira des possibilités supplémentaires aux jeunes et pourra réduire le risque de délinquance.                             

 

Le 19 mars 1989, le nouveau conseil municipal est installé et le maire et les adjoints sont élus. Lors de la séance du 11 avril 1989, M. Degoul est nommé délégué à la bibliothèque et aux ateliers artistiques, commissaire à l’urbanisme et à l’activité économique ainsi qu’à la culture et loisirs et à l’animation. Il est aussi représentant du conseil municipal aux diverses sociétés, syndicats, comités … Le 11 juillet 1989, il est reconduit dans sa délégation auprès du CMAC (comité municipal d’action culturelle).

De même suite au scrutin du 11 juin 1995, le maire et les adjoints sont élus le 18 juin. Lors de la séance du 30 juin 1995, M. Degoul est nommé représentant du conseil municipal au sein des conseils d’administration du lycée professionnel Charles Péguy et du collège Albert Camus, à la commission « Urbanisme-Action économique-Affaires générales » et à la commission « Culture ».

 

Le 20 décembre 1996, durant la séance du conseil municipal M. Brana, maire, rend hommage à Jean Degoul, conseiller municipal, décédé récemment et demande au conseil d’observer une minute de silence. Puis en sa mémoire il propose de donner à la bibliothèque le nom de Jean Degoul. M. le maire présente ensuite M. Bernard Singier, conseiller municipal, qui va remplacer M. Degoul. M.Singier à son tour rend hommage à Jean Degoul qu’il a bien connu dans le cadre de ses différentes fonctions communales.

Hommage dans Eysines Magazine n° 27 de décembre 1996

Hommage dans Eysines Magazine n° 27 de décembre 1996

Les hommages rendus par les Eysinais lors du décès de Jean Degoul montrent l’importance du rôle qu’il a joué et son implication indéfectible dans la vie de notre commune en faveur des jeunes et de la culture. Quant à Jeanine Degoul elle a été elle aussi un maillon de cette chaîne d’enseignants dévoués sur lesquels repose la formation des enfants.

Après le décès de M. Degoul, la mairie du Porge a elle aussi rendu hommage en nommant l’école de Jean Degoul.

Recherches : Marie-Hélène Guillemet, Elisabeth Roux, Florence Viaud- Rédaction : Marie-Hélène Guillemet

Tag(s) : #Histoire
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