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Par Guy Latry, samedi 30 mars 2019 à la Médiathèque

Guy Latry achète par hasard une liasse de la Gironde du Dimanche et découvre que presque chaque numéro comporte une chronique en gascon de Th. Blanc. Après quelques recherches, il trouve à la BNF d’autres numéros. Ces liasses réunies couvrent donc les années 1869 à 1871 de la Gironde du Dimanche, supplément du journal républicain La Gironde.

Théodore Blanc est né au Bouscat en 1840 et décédé à Toulouse en 1880. Il est le fils de François Blanc, originaire du Tarn, qui a été emprisonné en 1851 pour avoir diffusé un journal républicain. Il est marié à Jeanne Dosque, originaire de Bruges.

La France vit alors une période agitée entre les dernières années de l’Empire, la guerre contre la Prusse, la Commune de Paris et le début de la troisième République.

Théodore Blanc est ouvrier typographe au journal La Gironde. Il est connu pour avoir écrit un recueil de poèmes et deux almanachs, ainsi qu’un journal paru le 17 juillet 1870 mais qui cesse, après ce premier numéro, à cause du début de la guerre de 1870.

T Blanc se produit en public et raconte ses textes en gascon. Th. Blanc a deux modèles : Antoine Verdié et Jasmin. En 1868, les textes de Verdié sont édités à nouveau, alors qu’ils datent de 1815 à 1820 ; ce sont des « histoires bordelaises », mais aussi des textes monarchistes par haine de la République et de Napoléon. Jasmin, un agenais, propose en lecture publique des textes à teneur mélodramatique.

Pourquoi les éditeurs de la Gironde proposent-ils à Th. Blanc de faire un article ?  En 1869 ce sont les élections législatives ; les éditeurs veulent amener de nouveaux lecteurs, futurs électeurs républicains parmi les ouvriers et les paysans. Th. Blanc leur paraît l’homme idéal. Le référendum de 1870 va fournir de nouvelles idées de chronique. Le maire de Bruges devient la tête de turc de Th. Blanc. Il incarne les élus locaux de l’Empire. Th. Blanc dénonce tous les travers de ce régime ; puis la troisième République est là.  Le 4 septembre 1870, la République est fêtée à Bordeaux qui a accueilli le gouvernement ayant quitté Paris. Blanc rappelle alors tous les mauvais côtés de l’Empire pour le monde paysan. Il défend Gambetta et la République et rappelle le droit et le respect contre l’injustice impériale, la responsabilité des chefs mais celle aussi des Français. Il publie à nouveau un de ses textes comiques « l’Empire et la vérité » où le ton devient plus vif pour dénoncer la naïveté du peuple qui profite aux dirigeants. Mais les législatives de 1871 démoralisent Th. Blanc. Il devient sarcastique. Il n’est plus un témoin naïf ; il renonce à son rôle de chroniqueur et termine par un poème en vers contre les paysans. Il propose parallèlement, un roman-feuilleton qui raconte l’histoire d’un ouvrier imprimeur, d’origine paysanne, mobilisé, et les déboires de son amoureuse devenue cantinière… description d’une guerre subie avec ses souffrances physiques et morales, le malheur social qui engendre la misère et la malédiction paysanne.

Th. Blanc est un ouvrier citadin mais qui ne se résout pas à oublier ses origines paysannes et qui ne sait où se situer. La langue occitane le rapproche des paysans, il aime dialoguer en gascon, et déplore que cette langue se perde au profit du français.

La Gironde du Dimanche a cessé de paraître en 1871.

Nous étions une petite trentaine à écouter puis échanger avec Guy Latry en ce samedi après-midi printanier. Nos échanges se sont poursuivis, comme d’habitude, autour d’un verre agrémenté de quelques friandises….

Marie-Hélène Guillemet et Elisabeth Roux.

Conférence sur Théodore BlancConférence sur Théodore BlancConférence sur Théodore Blanc

Tag(s) : #conférences
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