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Notre programme sur les affiches

Notre programme sur les affiches

Notre blog et le site internet de la Drac ont permis d’informer les Girondins de nos 2 journées à Eysines et un soleil éblouissant a offert d’excellentes conditions pour que ces deux journées soient des plus agréables !

Le portail de château Lescombes paré des affiches JEP & Mme le Maire, Mme Bos et la 1ère adjointe, Mme FrénaisLe portail de château Lescombes paré des affiches JEP & Mme le Maire, Mme Bos et la 1ère adjointe, Mme Frénais

Le portail de château Lescombes paré des affiches JEP & Mme le Maire, Mme Bos et la 1ère adjointe, Mme Frénais

Nous remercions nos élus d’avoir bien voulu nous retrouver soit à la cabane soit à Lescombes : Madame le Maire et Madame Frénais sont venues samedi après-midi à la cabane et sont restées quelque temps pour écouter nos maraîchers. Madame Piet-Burguès est venue au domaine de château Lescombes dimanche après-midi.

Monsieur Mesplède s’était excusé de ne pas pouvoir être auprès de nous cette année. Nicolas Ong est resté de longues heures à la cabane samedi après-midi.

 

 

Samedi 15 septembre, à la cabane 

Le pique-nique : Nous avions convié nos adhérents pour un pique-nique partagé, peu ont répondu mais nous étions une douzaine de bénévoles à manger ensemble, sous les arbres près du manège et du réservoir. L’ambiance fut joyeuse et conviviale et nous avons dégusté ensemble  les nombreux mets préparés et arrosés(avec modération) de vins girondins, les crus eysinais n’étant plus élaborés!

Les démonstrations de jardinage par nos maraîchers :M Henri Durousseau et M Guy Lambert ont pris pelle-bêche, râteau et bigos pour nous permettre d’apprécier les gestes anciens pour un semis : on retourne la terre avec la pelle-bêche ( et la terre de ce premier rang était alors mise dans la brouette puis déversée à la fin , nous rappelle M Massé) ; le râteau permet de niveler, on sème à la volée , puis le geste si précis du bigos permet de recouvrir la semence, un dernier geste pour aplanir un peu le terrain ; nos maraîchers à l’ouvrage nous avouent ne pas savoir faire le rebord avec le bigos !

Nos jardiniers en pleine démonstrationNos jardiniers en pleine démonstration

Nos jardiniers en pleine démonstration

Nos jardiniers en pleine démonstration

Les visites guidées de la cabane : Une bonne cinquantaine de visiteurs est venue découvrir notre cabane avec les explications de Denise et de Marie Hélène (fille et petites filles de maraîchers) et de Michel ; certains se sont joints au groupe qui interrogeait les maraîchers.

Les discussions avec nos maraîchers :

Messieurs Guy Perey, Pierre Massé, Rolland Bos, Serge Bosc, Henri Durousseau, Guy Lambert, Xavier Dupart nous ont fait le plaisir de venir répondre à nos questions ainsi que Jean-Marie Campet fils et petit-fils de maraîcher qui a une grande connaissance de l’histoire du Marais depuis qu’il a été fini d’assécher (sur les idées du marquis de Bryas qui y possédait de nombreuses terres).

Marie-Hélène a lancé le débat en demandant de parler de l’évolution que tous ont connu et divers sujets ont été abordé :

…des exploitations :

Les parcelles ont toujours été plutôt dispersées, souvent en location pour tout ou  partie. Dans les années 1920, la surface totale des parcelles maraîchères étaient de l’ordre d’1 ha par famille exploitante, cela suffisant amplement pour le travail manuel. La qualité des sols n’est pas égale ; la plus belle terre est celle du Sesca, la partie entre la rue du Petit Sesca, la rue du Prado et l’avenue du Médoc.

…de l’évolution du matériel :

Les premiers changements ont  lieu à partir de la première guerre mondiale. Mme Patté attèle le cheval à la charrue pour pouvoir continuer à travailler sans la présence des hommes. Mais les chevaux ne sont pas bien vus dans les terrains souples du Marais car ils tassent la terre ! Les premières charrues employées ont des montants en bois, et le soc et le versoir sont en fonte, elles sont soit de marque américaine « Oliver », soit française « Bajac » ; et bien sûr nos forgeron et maréchal ferrant en feront eux aussi en imitant ces 2 modèles ! la main d’œuvre est encore abondante et on emploie beaucoup de saisonniers.

Après la deuxième guerre mondiale, les premiers motoculteurs ont été introduits (marques Staub, Simar …).

Enfin, vers la fin des années soixante, les tracteurs arrivent …

Nos jardiniers : Messieurs G. Perey, S. Bosc, H. Durousseau, R. Bos, X. Dupart, P. Massé

Nos jardiniers : Messieurs G. Perey, S. Bosc, H. Durousseau, R. Bos, X. Dupart, P. Massé

…de l’évolution de l’activité maraîchère :

 L’activité a compté jusqu’à 300 familles pour ne concerner aujourd’hui qu’une quinzaine d’exploitants ! La mécanisation a entraîné la diminution du nombre des journaliers. L’Europe a augmenté la concurrence par l’importation (d’Espagne et du Maroc) des légumes cultivés en grande quantité avec une main d’œuvre bon marché. Les moyens de transport rapides et réfrigérés ont accéléré le déclin ...

Les légumes traditionnels sont, à Eysines, la pomme de terre, les carottes qui poussent bien dans les sables car elles doivent être dans des sols filtrants. Bègles se spécialise dans les radis, Le Haillan les petits pois, Le Taillan les fraises, le Bouscat et Bruges dans les cultures sous châssis, etc…

Les femmes allaient vendre pour le marché de gros (elles étaient bonnes vendeuses), puis des revendeuses (et quelques revendeurs) attendaient pour la suite pour le marché de détail.

Petites anecdotes sur la vente des pommes de terre :

M Perey rapporte que son papa vers 1944, apporte trop tard ses pommes de terres au départ du tramway ! il doit donc les ramener mais elles ne vont pas se garder et il est plutôt triste ; lorsqu’il s’aperçoit qu’il est suivi par un cycliste, et bientôt tout une file de cyclistes arrivant de Bordeaux ! malgré l’interdiction de vente directe il vendra à chacun des pommes de terres !

M Bos se souvient de mai 1968, où les bordelais ont si peur de manquer de nourriture qu’ils achètent la récolte de pommes de terre primeurs cultivées sur 3000m de terres ; grâce à cette vente ils avaient pu s’acheter un tracteur (les prix ayant augmenté à la suite des événements de Mai) .

Les discussions à la cabane sous les arbresLes discussions à la cabane sous les arbres

Les discussions à la cabane sous les arbres

 …de l’utilisation de certains produits :

Le pétrole a été utilisé comme désherbant pour les carottes dans les années 60 (pétrole lampant inodore).

L’huile de vidange a été utilisée pour l’entretien du bois des cabanes.

…des camionnettes  et camions: 

Pierre Massé raconte que son grand-père a acheté une camionnette pour que sa femme puisse aller au marché mais elle a refusé de conduire, préférant garder son cheval. Alors, il a vendu la camionnette et il a acheté une voiture de type Torpédo !  Vers 1933 son père a fait l’acquisition d’une camionnette (une Hotchkiss transformée en camionnette par un charron, peut-être celui du Taillan).  Les camions sont arrivés juste après-guerre, sans doute vers 1945.

La première à Eysines est celle du père de M Massé, puis juste après la guerre les familles s’équipent petit à petit de camionnettes et de camions : Girol, Eyquem, Labat …et vers 1950 la plupart sont équipés et abandonnent la charrette tirée par le cheval.

…de l’’eau :

Les prises d’eaux sur la Jalle sont officielles et définies dans les actes notariés concernant les propriétés ; l’entretien de la Jalle doit se faire « en bonne entente » ainsi que le curage des canaux.

Le curage doit être fait d’aval en amont, « vieux fonds, vieux bords », au rythme des saisons.

Le marquis de Bryas lors de l’assèchement des marais a fait installer des batardeaux à différents endroits de la Jalle et ceux-ci sont même numérotés. Sur la Réguette (de la Biguerresse) par exemple, il y a un batardeau au niveau du croisement de la rue du Petit Sesca avec la rue du Moulin Blanc.

Il y avait 2 manèges (privés) à Eysines : celui de notre cabane et un autre près du batardeau de la Réguette. Le cheval attelé à ce manège mettait en action la vis sans fin de la pompe enterrée dans le sol et en prise directe avec un canal souterrain à cet endroit. L’eau était alors déversée dans la rigole que l’on voit encore très bien.

Quant à la vis d’Archimède, elle était placée là où on avait besoin de prendre l’eau et la déverser ailleurs ; elle était actionnée à la main.

L’emplacement du manège, la rigole et le réservoir

L’emplacement du manège, la rigole et le réservoir

…des motivations de nos maraîchers pour le choix de cette profession :

Tous insistent sur le fait qu’ils n’ont pas eu vraiment d’autre choix que de reprendre l’activité de leur père, après le certificat d’études !

Cependant certains choisissent : David Durousseau à la fin de son engagement dans l’armée, demande à son père, Henri, de reprendre l’activité. Xavier Dupart a repris cette activité, faute de pouvoir trouver un emploi à la suite de sa formation agricole ; son père est à la retraite et il y a les terrains, le matériel... alors il reprend le maraîchage. Tous nos maraîchers sont la 4ème ou 5ème génération à exercer cette profession à Eysines. M Bos précise que vers 1850 son aïeul est meunier au moulin Blanc puis il deviendra maraîcher, c’est le 1er de la famille à exercer ce métier. M Perey souligne cependant que ce travail offrait une certaine marge de liberté (pour pratiquer la chasse, la pêche).

La solidarité et l’entraide étaient le principe du travail de maraîcher. La mécanisation et avec elle, la nécessité de produire toujours plus a entrainé un changement de mentalités et la bonne ambiance a disparu.

 La question « Être maraîcher aujourd’hui » provoque quelques interrogations chez nos anciens :

Faut-il être « fou » ou « inconscient » pour choisir cette activité aujourd’hui ? Les jeunes qui s’installent en bio ne sont-ils pas un peu des « illuminés » ? Quel est l’avenir des terres maraîchères ?  Le rôle de la commune et celui de la SAFER seront-ils déterminants dans un sens ou dans l’autre ?

 

 

 

…des aléas climatiques :

4 septembre 1935 : ouragan avec averses de grêles (15 brouettes ramassées), les jardins sont anéantis, même les acacias n’ont pas résisté.

En 1949 : sécheresse importante en été.

Hiver 1951/1952 : inondations : la Jalle a été curée de St Jean d’Illac à Eysines, sur ordre de l’ingénieur de la DDA ; il pleut énormément, l’eau arrive très vite jusqu’à Eysines, mais ne peut continuer son chemin aussi vite en aval ! la Jalle déborde, il y a des brèches dans la digue… l’eau monte jusqu’à la voie ferrée. C’est la 1ère catastrophe naturelle, déclarée ainsi. L’eau va jusqu’à Bordeaux nord et l’inondation dure plusieurs semaines. Les travaux ont été ensuite importants : refaire les fossés, les chemins, les abords, puis remettre en état les parcelles ; après un travail acharné, l’année 1952 a eu de bonnes récoltes

Février 1956 : la neige arrive après le froid, et cela jusqu’au 3 mars, les températures atteignent -28° ; à cette époque, les récoltes étaient faites, les semis ont été retardés.

Noël 1963 : de fortes gelées et de la neige pendant 15 jours.

Eté 1976 : sécheresse (et le 1er impôt sécheresse !)

Hiver 85/86, puis février 87 : du gel et de la neige.

 15 juillet 2018…

 

Dimanche 16 septembre, au hangar et pigeonnier du château de Lescombes 

Invitation à venir jusqu’au hangar et pigeonnier de Lescombes !

Invitation à venir jusqu’au hangar et pigeonnier de Lescombes !

Les visites ont été assurées par Michel, Marie-Hélène et Elisabeth pour  une cinquantaine de visiteurs arrivant par petits groupes de 2 à 4 personnes. Des Eysinais, Brugeais, Taillanais et Bouscatais pour la plupart, ont apprécié nos outils, nos charrettes, etc… . Nous les décrivons avec soin en soulignant le beau travail de fabrication réalisé par des artisans eysinais, nous évoquons le travail précis et traditionnel accompli avec ce matériel, et quelques anecdotes.

Un petit historique du château et du pigeonnier ainsi que le rappel du classement de ce dernier à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques agrémentent nos explications. La lecture des fiches accrochées cet été et des nouveaux panneaux (installés vendredi) ont complété pour chacun la  visite.

Le trajet entre le hangar et le pigeonnier se fait lentement  pour admirer le jardin pédagogique entretenu par Sylvain ! la variété des légumes présents est appréciée.

Le jardin pédagogique de Sylvain

Le jardin pédagogique de Sylvain

Enfin, nous engageons nos visiteurs à une promenade dans le joli parc du château de Lescombes avant de repartir, puis à admirer les maisons de pierres de la fin du XIXème siècle, par exemple avenue de la Libération, en découvrant à l’arrière, les écuries, chais et cuvier qui témoignent toujours de ce passé eysinais si particulier qui est l’âme de notre ville et que nous ne devons pas oublier.

Nous espérons que ces deux belles journées laisseront de jolis souvenirs à nos visiteurs et qu’ils auront hâte de mieux connaître l’histoire de notre ville à travers notre blog !

Marie-Hélène Guillemet, Elisabeth Roux, Marie-Christine Vitasse.

Tag(s) : #musée du maraîchage
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