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     A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2017, l’association Connaissance d’Eysines a ouvert les 2 lieux du musée du maraîchage : le samedi, la cabane située rue du Prado et le dimanche le hangar et le pigeonnier, au château de Lescombes . Le dimanche une balade découverte du Bourg complétait ces 2 après-midi.

1/Samedi 16 septembre, après-midi à la cabane :

quelques uns de nos maraîchersquelques uns de nos maraîchers

quelques uns de nos maraîchers

Maraîchers présents : M Guy Pérey, M Hervé Barbier, M Henri Durousseau, M Roland Bos, M Xavier Dupart, M Lambert, M Massé, M Jean Marie Campet

Les élus : M Mesplède, M Ong

Les visiteurs : 10 en plus de nos 2 élus et de nos 8 maraîchers et 9 adhérents de Connaissance d’Eysines

         Pour la 2ème année, nos maraîchers ont répondu à notre invitation pour évoquer leurs souvenirs et montrer les travaux de la terre. Nous avons apprécié leurs paroles, leur gentillesse, leur disponibilité et leur patience à répondre à toutes nos questions, nous les remercions vivement.

Juste avant le travail...Juste avant le travail...

Juste avant le travail...

Démonstrations de jardinage :

- Le passage de la raclette, pour désherber les rangs de légumes par Jean Marie Campet : « -le passage de la raclette qui fait 22 cm pour les carottes, laitues etc. Durant 120m de long nous essayons avec mon frère de ne pas dévier au risque de couper les légumes, sans aller trop profond pour ne pas fatiguer, ni trop en surface pour les pourpiers, morices, cambeilhs, pelons et orties. Il fallait donc sentir l'angle d'attaque, cela grâce au manche et nettoyer l'outil quand l'acier en début de saison était rouillé en enfonçant verticalement la lame dans le sol et en oscillant de d. à g. pour décoller la terre. La progression se faisait par petits coups secs avec aller-retour...

Avec la distance de l'âge, il faut bien constater que la mécanisation a changé le rapport charnel à la terre et fait oublier toutes ces sensations qui densifiaient la valeur du travail appliqué, lent souvent fait à plusieurs ».

Jean Marie Campet : le passage de la raclette

Jean Marie Campet : le passage de la raclette

-Travaux pour un semis par Hervé Barbier : on bèche la parcelle, avec la pelle-bêche, puis on ratisse, on sème, on recouvre de terre avec le bigos, on ratisse à nouveau.

Hervé Barbier :travail pour un semisHervé Barbier :travail pour un semis

Hervé Barbier :travail pour un semis

Les récits de nos maraîchers sont passionnants ! Ils ont beaucoup à raconter et à nous apprendre !

-La journée à la cabane :  M Perey précise que « la cabane est présente sur toutes les terres » et M Bos enchaîne mais « le lieu de vie sont les jardins », la cabane en est un élément ; nos maraîchers ont raconté la vie de tous les jours, dépendant de la saison et du temps ; on ne vient au marais que si le temps permet de travailler au jardin. Une vie de travail en famille, intense et continu, une vie laborieuse soumise aux aléas du climat, mais qui les "nourrissait" plutôt correctement. La vie s'organise en fonction des saisons et de la demande ! Les journées de travail sont plus longues à partir de la récolte des pommes de terre (juin/juillet). Tout le monde travaillait du lever du soleil jusqu'à tard le soir. Souvent la grand'mère s'occupait des enfants et faisait la cuisine.

 L'été, les jardiniers rentraient au coucher du soleil et pouvaient travailler jusqu'à 11 H du soir ; M Perey ajoute qu’ils prenaient alors 2 H de repos avant de partir au Marché des Capucins, (2 ou 3 fois/ semaine) et retour à 7/8 H du matin.
L’été, on part travailler de bonne heure ; aux alentours de 9 H, casse-croûte à la cabane : pain frotté à l'ail, fromage et surtout charcuterie, produits transformés issus du cochon ; presque toutes les familles avaient un cochon, voire deux. À midi, le déjeuner se prenait sur place ou à la maison, selon la saison et la densité de travail. À la cabane, la cheminée (ou le poêle) servait à cuisiner ou à réchauffer, en particulier la soupe. Lorsque l’on réchauffe le repas c’est parfois un enfant qui va chercher le repas. On ne mange pas que les légumes cultivés, mais on achète dans les nombreuses épiceries d’Eysines ce que l’on ne produit pas. Les travaux sont difficiles, le repas doit être copieux. L’été, on mange dehors à l’ombre ; ensuite on fait la sieste puis on travaille à nouveau.
Les enfants se rendaient dans les jardins et y travaillaient après l'école à la belle saison et pendant les vacances. L'hiver, ils restaient au village avec la grand-mère.

la cabane
la cabane

la cabane

Les outils nécessaires à la cabane : le bigos, la pelle-bêche, le râteau, le croc et la fourche à fumier, le cresté ou marette (pour l'entretien des bordures d'herbe le long des fossés), la raclette (pour désherber autour des salades), la brouette, les arrosoirs, etc…


 

bigos,hique,grand traceur....bigos,hique,grand traceur....bigos,hique,grand traceur....

bigos,hique,grand traceur....

Les animaux de travail : Il y a eu des bœufs, puis un cheval les a remplacés ; les bœufs sont lents mais peu coûteux ; le cheval permet un travail plus rapide, mais aussi le déplacement au marché est plus aisé avec le cheval ; il y a eu de plus en plus de chevaux, sans doute aussi pour paraître moins archaïque ! Mr Pérey a évoqué le rôle du cheval qui servait aux déplacements et aux transports.
 Les cultures de légumes : La culture des légumes évolue au cours des années, car elle dépend des modes de l'alimentation suivant les époques. Avant on ne plantait pas de topinambours par exemple, sauf pour le bétail.

Les cultures différaient selon l'emplacement et la nature des terres. Elles n'étaient pas les mêmes à Eysines et à Bruges/le Bouscat (communes spécialisées dans la culture des "primeurs") ; elles n'étaient pas les mêmes sur les sols du Vigean (grave) et ceux du Marais. Par exemple, les pommes de terre étaient plantées plutôt au Vigean (dès janvier) et donc récoltées plus tôt.

 Dans les graves, on cultive la pomme de terre primeurs (entre les rangs de vigne) qui arrive fin mai ou début juin ; c’est la 1ère récolte (il nous semble que la pomme de terre a beaucoup d’importance) .

 Toutes les familles possèdent plusieurs parcelles de vigne et font leur vin, pour la consommation personnelle.

Dans le marais (sable noir) les légumes de printemps (radis, épinards...), en culture sous châssis ; puis ce sont les semis de salade (laitue) de part et d'autre des semis de carottes avant la mi-juillet ; pour l'automne et l'hiver : céleri-branche ou céleri-rave, choux, citrouilles (cultivées vers la fin du XXème) . Les poireaux sont cultivés beaucoup plus au Bouscat tout comme les radis ... en hiver, récolte dans les cressonnières.

M Barbier raconte : sur ses terres au Bouscat, il cultivait surtout des radis et il n'imaginait pas les contraintes pour les récolter : les radis n'attendent pas, il faut récolter même le dimanche.
Tous les légumes sont lavés et vendus propres ; pour les pommes de terre et les carottes elles sont lavées avec les pieds ; pas ou peu ? de machine à laver les légumes ; ensuite les légumes sont remisés dans un coin avec des planches en attendant de les mettre (sèches) en sac pour les vendre. Au bord du bac à laver, les femmes sont agenouillées et lavent les légumes que l’on met en botte (poireaux, radis, etc).

Tous les jardiniers ne sont pas propriétaires des terres qu’ils cultivent, ils peuvent être aussi locataires ; certains ne veulent pas vendre mais veulent louer !

Des anecdotes nous font entrevoir les difficultés pour l'irrigation des parcelles, conflits entre jardiniers, puis les réglementations sanitaires, qui ont conduit à l’arrêt des cressonnières.

Les maraîchers parlent aussi volontiers de la vie dans le village, animé à l'époque par la présence de nombreux commerçants et artisans.

Récolte des pommes de terre et le marais dans les années 1930?Récolte des pommes de terre et le marais dans les années 1930?

Récolte des pommes de terre et le marais dans les années 1930?

Les marais, la jalle neuve et la réguette : Les marais ont été drainés par le marquis de Bryas ; il fait creuser la Jalle Neuve, et tous les terrains sont entourés de fossés qui se jettent dans cette jalle , de part et d’autre . La marée de la Garonne ne remontait que jusqu’au Moulin de Plassan .

La réguette permet l’irrigation des terrains qui n’ont pas de source ; elle part en amont de Landemoulin et se déverse dans la Jalle au Moulin de Plassan .

2/Dimanche 17septembre :

1/ balade du Bourg : 7 participants, dont Madame le Maire et M Mesplède adjoint

2/hangar et pigeonnier de Lescombes 

charette vigneronne et charette maraîchère:Eysines fut longtemps un village viticole, puis au XIXème siècle viticole et maraîcher pour devenir exclusivement maraîcher courant XXème sièclecharette vigneronne et charette maraîchère:Eysines fut longtemps un village viticole, puis au XIXème siècle viticole et maraîcher pour devenir exclusivement maraîcher courant XXème siècle

charette vigneronne et charette maraîchère:Eysines fut longtemps un village viticole, puis au XIXème siècle viticole et maraîcher pour devenir exclusivement maraîcher courant XXème siècle

: Environ 50 visiteurs ont découvert la collection des outils à mains dans le pigeonnier et de nos belles charrettes et autre gros outillage dans le hangar ; un petit historique de château Lescombes et de son pigeonnier ainsi que celui de la vallée maraîchère et des emplois qu’elle a offerts et offre encore, agrémente chaque fois ces visites guidées.

la porte gothique du pigeonnier se laisse admirer en gardant encore son secret:pourquoi et quand a-t-elle été mise en place?

la porte gothique du pigeonnier se laisse admirer en gardant encore son secret:pourquoi et quand a-t-elle été mise en place?

Le jardin pédagogique, si bien entretenu par Sylvain, a suscité des commentaires élogieux sur les variétés cultivées, l’étiquetage et le bel ensemble que cela propose au regard.

le beau jardin entretenu par Sylvain, le complice des écoliers eysinais
le beau jardin entretenu par Sylvain, le complice des écoliers eysinais
le beau jardin entretenu par Sylvain, le complice des écoliers eysinais

le beau jardin entretenu par Sylvain, le complice des écoliers eysinais

Les personnes très intéressées ont posé beaucoup de questions et semblaient heureuses de cette heure passée en notre compagnie !

Notre publicité faite dans les magasins eysinais, sur le site de la Drac Aquitaine et aussi dans le magazine spécial édité par la ville de Bordeaux et son site internet ont informé les personnes qui se sont déplacées spécialement pour découvrir notre musée. Nos visiteurs venaient de l’agglomération bordelaise et du Médoc mais aussi d’Eysines !

 Elvira Woronowicz, Monique Simonneau, Marie Hélène Guillemet, Elisabeth Roux.

Tag(s) : #musée du maraîchage
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