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Samedi 6 février 2016

Merci à Mme Boissarie de l’association « les Amis d’Ars et Fides Bordeaux », pour sa longue visite guidée si intéressante.

La cathédrale Saint André est orientée Est /Ouest, soit le plan classique des églises. Cependant le portail du couchant n’existait pas puisque les bâtiments épiscopaux étaient alors accolés à la cathédrale .Ce portail ouest ne fut ouvert que lors de grandes réfections après la Révolution. Ce fut donc le portail Nord qui servit de portail liturgique occidental , appelé à Saint André : portail Royal .

La symbolique d’une église chrétienne veut que l’on entre par le couchant ; le cheminement se fait alors dans la nef puis on passe par le transept ( le Christ en croix) et on arrive au cœur arrondi et orienté à l’Est . (le carré est le symbole de la terre et le cercle celui du ciel)

Cathédrale Saint André à Bordeaux Samedi 6 février 2016
Cathédrale Saint André à Bordeaux Samedi 6 février 2016

Grands personnages à Saint André

La cathédrale Saint André sera l’église de trois mariages royaux: en 1137, Aliénor d’Aquitaine se marie à Louis VII ; le 7 octobre 1615, Elisabeth de France, fille d’Henri IV , épouse par procuration l’Infant d’Espagne , futur Philippe IV ; le 8 décembre de la même année : mariage de Louis XIII et Anne d’Autriche….

Bertrand de Goth nait vers 1264 près de Villandraut et meurt le 20 avril 1314 . Son tombeau se trouve dans l'église collégiale d’ Uzeste . Il est archevêque de Bordeaux vers 1300 puis en 1305, il devient pape (le 1er des sept papes qui siégèrent à Avignon entre1309 et 1377), sous le nom de Clément V ; il donne de l’argent à Bordeaux et des travaux sont alors entrepris pour modifier la cathédrale dans le style gothique .

L’évêque Pey Berland est né à St Raphael ( Médoc) et mort à Bordeaux en 1457 ; il est évêque à Bordeaux de 1430 à 1456 ; à la fin de la guerre de 100 ans, il n’hésite pas à aller plaider la cause de l’Aquitaine anglaise auprès du roi d’Angleterre , puis il aura autorité sur le roi de France pour que les otages bordelais ne soient pas exécutés après la bataille de Castillon !

de droite à gauche:Aliénor , Charles VII et l'évêque & le niveau du sol médiéval
de droite à gauche:Aliénor , Charles VII et l'évêque & le niveau du sol médiéval

de droite à gauche:Aliénor , Charles VII et l'évêque & le niveau du sol médiéval

Les constructions

Les textes d’archives attestent un 1er édifice dans l’enceinte gallo-romaine vers les Vème ou VI ème siècles. Une plaque de bronze insérée dans la chaussée indique le lieu d'une première cathédrale au IV° siècle où s'est tenu le Concile de Bordeaux dans les années 360.

Puis une église Saint André faisant partie d’un ensemble épiscopal est mentionnée en 814 . Elle est détruite au milieu du IXème siècle par les invasions .

Une nouvelle construction reprend vers l’an 1000 , une église romane avec les murs de la nef composés d’un pilier et de 3 arcatures. Le dessus est recouvert d’un toit à 2 pentes que soutenait une charpente de bois ,au-dessus d’un plafond ; c’est une cathédrale typique du midi avec une simple nef sans bas-côté ,un transept puis un chœur roman dont il ne reste rien.

A la Renaissance, au fond de l’église, on construit un portique de 4 arches pour soutenir l’orgue (il sera transformé au XIX ème).

le portique renaissance transformé au XIX & la voûte de la nef
le portique renaissance transformé au XIX & la voûte de la nef

le portique renaissance transformé au XIX & la voûte de la nef

Au XIV ème siècle, grâce à l’argent de Bertrand De Goth, on démolit le chœur roman pour le reconstruire en style gothique, avec un déambulatoire et des chapelles. Cette construction gothique allie l’élégance et la solidité ! L’une de ces chapelles est la chapelle funéraire que l’on reconnaît à une fresque noire qui en fait le tour. Les sarcophages étaient alors nombreux et des fresques ornaient les murs ; au-dessus de la sépulture de Pons de Pommiers, chanoine de la cathédrale, les fresques sont encore là .

Un jubé de pierres est construit et puis démoli au XIXème siècle , mais réutilisé en partie au fond de la cathédrale .

l'ancien jubé , maintenant au fond de la cathédrale et ses "tableaux de pierre"
l'ancien jubé , maintenant au fond de la cathédrale et ses "tableaux de pierre"
l'ancien jubé , maintenant au fond de la cathédrale et ses "tableaux de pierre"

l'ancien jubé , maintenant au fond de la cathédrale et ses "tableaux de pierre"

Toujours au XIVème siècle, on surélève les murs de la nef, on double aussi les piliers puis on élève une voûte ogivale avec des croisées d’ogives ; mais les murs médiévaux ne peuvent supporter, ils s’écartent … Des arcs-boutants sont élevés au XVème siècle ( ils sont toujours là côté nord).

Un tremblement de terre au XV ème va provoquer l’écroulement de la moitié de la voûte de la nef mais la partie entièrement gothique ne subira aucun dommage. Des arcs boutants sont ajoutés aux XVème et XVIème siècles pour consolider l’édifice.

A la Révolution, la cathédrale devient maison nationale et réserve de fourrage . En 1798, la cathédrale est remise en état avec restauration de la nef du chevet sous la direction de l’architecte Louis Combes . En 1820, c’est au tour de Pierre Alexandre Poitevin de la rénover.

Lors de l’ouverture de la porte au fond de l’église au XIXème siècle , on démolit le portique de quatre arches de la Renaissance, car le pilier central gêne pour la porte ; on remonte trois des arches et pour se raccorder aux murs latéraux, on construit deux murs-niches dans le style renaissance. Derrière ce portique, deux des arches du jubé sont installé devant les murs latéraux et sur le fond de chaque côté de la porte deux « tableaux » de pierres sculptées du jubé sont incrustés ; ce sont des sculptures de maîtres italiens.

En 1862, elle est classée Monument Historique .

La nef & un contrefort du XV
La nef & un contrefort du XV
La nef & un contrefort du XV

La nef & un contrefort du XV

Visite :

Le portail Royal du XIII ème siècle:

C’est le seul endroit où l’on voit encore le niveau du sol médiéval. L’intérieur et l’extérieur de Saint André fut élevé au cours des siècles. Chaque fois que l’on détruit des murs , on nivelle les gravats et on utilise les belles pierres pour reconstruire . Du coup le niveau du sol monte ! A l’extérieur, côté nord on voit bien les niveaux des sols extérieurs : juste devant le portail royal le niveau médiéval, au niveau des arcs-boutants du XVème le niveau du même siècle, au-dessus des marches du portail royal le niveau du début XIXème. A cette même époque, le sol devient si haut que le portail royal est fermé. Il fut dégagé au XXème à l’intérieur et à l’extérieur .

Côté intérieur, on voit très bien l’embase des colonnes médiévales sur lesquelles ont été élevées au XVème siècle des colonnettes gothiques. Au-dessus des portes, des modillons : Aliénor d’Aquitaine, Louis VII et l’évêque qui les maria en ce lieu le 25 juillet 1137 .

le portail Royal
le portail Royal

le portail Royal

Coté extérieur, entre le sol et l’embase des colonnettes , de fines sculptures décorent le mur . La double porte est encadrée par 10 des 12 apôtres ( 2 emplacements vides ). Juste au dessus le portail proprement dit et son tympan . Au sommet, Dieu le père est représenté sous les traits d'un Christ trônant entre deux anges. L'un tient un linceul, l'autre une couronne d'épine. Les deux anges qui encadrent ce tympan portent une lune et un soleil comme on a coutume de faire dans les jugements derniers. Un nébulé, c'est-à-dire un cordon de nuage sépare ce registre de celui en dessous, sur le linteau est représentée la Cène. qui présente une ascension du Christ au milieu des douze apôtres. Aux pieds du Christ figure un Mont des Oliviers symbolique . Encore en dessous , juste au-dessus des portes des scènes de résurrection des morts ( hommes( chrétiens et juifs) sortant des tombeaux et des urnes funéraires).Les voussures, de chaque côté du tympan offrent 4 rangées de frises de pierre constituées d’une multitude de statuettes représentant les patriarches de l’Ancien Testament puis des anges porteurs d’éléments liturgiques ou d’instruments., au-dessus une galerie des Évêques, avec ici huit statues .Au XIIIème siècle, statues et pierres étaient peintes !

les vitraux
les vitraux

les vitraux

Les vitraux :

Au Moyen- Age, dans le sud, il n’y a pas de vitraux ; les ouvertures sont comblées avec des toiles enduites ; au fur et à mesure ( une époque très froide arrive en France) les fenêtres sont bouchées avec du bois et des tentures sont ajoutées devant les murs pour essayer d’empêcher le vent d’entrer ! Au XVI siècle, la cathédrale va s’orner de vitraux . Il en reste quelques fragments dans les rosaces du transept , car ils ont été détruits par un violent incendie. Au XIXème siècle, le maître verrier Villiet réalise les vitraux du chœur.

Le mobilier et les décors :

La Révolution laisse la cathédrale dans un triste état ; la chaire, l’autel , les grilles, les stalles sont démolies ou enlevées … Vers 1820, la cathédrale est entièrement remeublée avec du mobilier provenant d’églises désaffectées ( St Rémi et St Bruno à Bordeaux , La Réole…) On installe aussi l’orgue de Dom Bedos de Ste Croix ( qui depuis est retourné à Ste Croix !!) Mais on démolit aussi le cloître gothique….Dans le chœur ,l’ambon est un aigle doré du XVIIème .

Elisabeth Roux

l'ambon & un albâtre
l'ambon & un albâtre

l'ambon & un albâtre

Tag(s) : #visites

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