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l'ancienne église par Léo Drouyn & par un anonyme
l'ancienne église par Léo Drouyn & par un anonyme

l'ancienne église par Léo Drouyn & par un anonyme

1/La paroisse avant 1789

Elle n’était pas qu’une institution religieuse. Certes le curé est alors la personne principale, celle qui tient les registres paroissiaux (donc l’état civil). C’est à lui que fait appel l’archevêque pour les enquêtes sur le clergé mais aussi sur l’état des paroisses et de ses habitants (ex enquête épiscopal de 1772 demandée par Mr Mériadeck de Rohan)

Les chefs de famille se réunissent en Assemblée paroissiale, ils délibèrent et décident de la gestion des communaux, du choix des maîtres d’école, des ouvriers de la Fabrique*, des percepteurs de la taille, de l’aide aux pauvres de la commune, de ceux qui méritent la charité. Il y a une élection du syndic qui représente la paroisse en justice.

Les femmes sont exclues mais elles se réunissent pour élire celles qui font profession de sage femme.

Le curé préside l’assemblée paroissiale.

Ces traditions remontent au Moyen Age.

La déchristianisation se fait sentir dès le milieu du XVIII. Les sociétés philanthropiques vont se développer. Les pratiques funéraires vont être mise à mal .L’état des cimetières est mis en cause pour des raisons d’hygiène ; Le déclaration royale de 1776 va interdire les inhumations dans les églises et souhaite le transfert des cimetières hors de l’enceinte des habitations.

Les critiques des dîmes et casuels, l’exemption du clergé, l’inégalité de répartition des revenus entre le bas et haut clergé, etc… vont bon train

*Fabrique : c’est le corps chargé d’administrer les biens de l’Eglise. Les membres sont appelés ouvriers ou fabriciens

2/ la Révolution et le Concordat

La plupart des prêtres et évêques vont refuser le serment ; ils vont alors s’exiler et revenir au début du XIX.

Dès 1801, les rétractations se font au sein du clergé constitutionnel.

Il faut maintenant rechristianiser. C’est alors que l’étrange pratique de la « veyrine* » revient. Il s’agit d’un trou sous le porche par lequel on fait passer les malades pour les guérir. Cette pratique va perdurer jusqu’au milieu du XIX ème siècle.

Pour rechristianiser les instituts, sociétés (institut des sœurs de la Miséricorde, Société de Marie, les Marianistes etc) voient le jour. Les conseils de Fabrique sont reconstitués.

*Cependant dès la 2ème moitié du XVIII ème les archevêques vont lutter contre les veyrines et toutes pratiques superstitieuses.

3/ le XIX ème siècle

La pratique religieuse dans le diocèse de Bordeaux était faible au XIX ème siècle (30% de « pascalisants » vers 1840)

L’archevêque a demandé aux frères lazaristes de Bordeaux d’aller prêcher dans les paroisses de faible pratique. Lors de ces « missions » des croix commémoratives ont été érigées.

Mr Donnet , sénateur de l’Empire a fait construire 50 églises dans le diocèse , il développe l’enseignement des Frères des Ecoles Chrétiennes , avec l’aide de l’Empire.

En 1833 la loi Guizot favorise la place des religieux dans l’enseignement.

A la toute fin du siècle, le clergé est de plus en plus hostile à la République ; un vrai défit à la laïcité gronde.

A Eysines, où en 1895, M Le Curé Laborde a succédé à Jules Thiphon, on ne trouve pas de trace d’incidents. Il est vrai que les rapports entre les maires et les curés se sont améliorés ; le conseil municipal a voté la construction d’un nouveau presbytère commencé en 1899 et achevé en 1901.

Jusqu’en 1895, l’abbé Jules Thiphon est hostile à la municipalité radicale ; il soutient le parti clérical réactionnaire ; par arrêté municipal ,en 1862 Léon Raphi interdit les processions , alors que vont devenir les croix de procession ? La croix du Sable est alors transférée dans le cimetière en 1883.

4/ le début du XX ème siècle

En 1901 une loi prive les congrégations privées du droit d’enseigner si elles ne sont pas autorisées.

La loi du 3 juillet 1905 abolit le Concordat et institue la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les biens de l’Eglise sont devenus biens communaux après inventaire et leur gestion confiée aux municipalités .Il n’y a plus de budget pour le culte, ni d’intervention de l’Etat dans la vie religieuse, ni dans la nomination des évêques.

La République proclame la liberté de conscience et de religion

Alors l’Eglise développe les œuvres de jeunesse et les patronages, où se pratique le sport, et il utilise l’engagement des jeunes pour l’athlétisme.

Cette loi a été la conséquence de l’hostilité de l’Eglise aux lois laïques et de son attitude antidreyfusarde.

L’église comptait surtout sur l’école pour rechristianiser la population. Or les lois laïques ont exclu les congrégations enseignantes non autorisées par la loi !

Avec la loi de 1905, la fabrique ne peut plus exister. En 1924 Pie X accepte la création des associations diocésaines qui remplacent les anciennes fabriques pour l’administration des églises (tout comme les communautés protestantes et israélites)

La commune va alors louer le presbytère pour un prix généralement modique ( à Eysines 300F à l’abbé Duga)

La pauvreté des prêtres garantit leur sincérité mais le nombre des ordinations va chuter !!

A Eysines, depuis la fin du XIX ème les radicaux sont au pouvoir et qualifient leurs adversaires de « parti clérical réactionnaire ». La droite voudrait vendre l’ancien presbytère et en reconstruire un autre à côté de la nouvelle église, et l’arrivée du tramway va précipiter la construction.

5/ le XX ème siècle

Un recensement de 1955 (27 novembre) dans l’agglomération bordelaise donne un état de la pratique religieuse.. Ce dimanche là 21% des bordelais ont assistés à la messe, 12% dans les banlieues, dont les Eysinais !!

Michel Cognie

l'église actuelle  au milieu des vignes avant la construction des écoles , etc....
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Tag(s) : #Histoire

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