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La Jalle, ses moulins et sa Réguette

La Réguette

Les arabes sont arrivés en 711 en Espagne ; ils amènent toutes les technologies du Moyen orient pour la gestion de l’eau : le vieux chadouf, puits à balancier, la noria. On trouve ces techniques (barrages en pierres, canaux de dérivation et vannes) en Mésopotamie au IV ème millénaire avant JC

Aux grandes ouvrages hydrauliques des Romains( aqueducs destinés à approvisionner les villes , leurs thermes et leurs fontaines…) , ils préfèrent des aménagements modestes ; ce sont des barrages alimentant des moulins et des canaux pour l’irrigation ; ceci était du à l’introduction des cultures de riz, de coton et de la canne. Entre 911 et 976 , les arabes construisent sur le Rio Turia au nord de Valence des seuils déversants munis de parements aval en forme de marche d’escalier, et chaque seuil donne naissance à un canal d’irrigation.

Les moulins à eau

Inventés au Ier siècle avant JC, ils sont devenus d’un usage courant au XII è siècle dans notre région.

Après la période gallo-romaine l’eau n’est plus amenée en ville par des aqueducs, elle est puisée ou prise à la rivière.

Le grand phénomène du Moyen Age est le développement des moulins à eau .La consommation de pain fait que la farine se développe au détriment du porridge.

Au Xè siècle les moulins sont généralement propriété de seigneurs laïcs ou religieux. Ce sont des moulins banaux : les vassaux sont obligés d’y porter leur grain et acquitter un droit de « ban ».

Dans les pays d’influence andalouse, sur la Garonne, on trouve des moulins à roue horizontale et ailleurs à roue verticale.

Le XIIè siècle voit l’endiguement des rivières de Flandre et la création des premiers polders.

A cette même époque, Toulouse construit un barrage de 400m sur la Garonne : fait de 21 rangées de pieux en bois fichés dans le lit du fleuve, l’intervalle est rempli de pierres ; ce barrage alimente 45 moulins !

Au XII è siècle, St Bernard fonde l’abbaye de Cîteaux et l’ordre cistercien. Les abbayes sont implantées près des cours d’eau, pour les moulins mais aussi pour les besoins journaliers de l’eau.

A la fin du XII è siècle les cisterciens après les bénédictins, les clunisiens et les templiers s’installent dans le Marais poitevin , et les « turcies » du Val de Loire sont bâties.

Mais la guerre de 100 ans (1337 -1453) et la grande peste (1348-1349) ont achevé la grande période de conquêtes des terres humides.

En période d’étiage, l’aménagement des cours d’eau pour les moulins favorise la navigation et l’irrigation ( les écluses n’apparaissent qu’au XV è siècle)

Moudre le blé était alors un monopole seigneurial : les paysans devaient apporter leur blé et verser au seigneur un droit de mouture. Ils ne pouvaient moudre ailleurs sous peine d’amende et de confiscation du grain. Ils devaient aussi rémunérer le meunier en lui laissant 1/12ème du blé. L’arrêt de Parlement de 1748 réduisit ce salaire au 1/16ème.

Les anciennes meules actionnées par des ânes ne disparurent pas ; elles servaient aux meuniers lorsqu’il n’y avait plus assez d’eau. A Eysines un moulin à vent situé près du Plateau au départ de la rue du même nom devait jouer ce rôle d’appoint.

Les moulins à eau étaient nombreux sur l’Eau Bourde au sud de Bordeaux et sur la Jalle au Nord : il s’agissait d’approvisionner Bordeaux, ville de plus de 100 00 habitants à la fin de l’Ancien Régime, le pain constituant l’essentiel de la nourriture.

Le Médoc fut jusqu’au XVIIIè siècle un des greniers de Bordeaux, et le blé arrivait à Eysines par la « levade » sur des chars à bœufs.

L’installation des moulins au XIIè siècle a relevé les plans d’eau et permis l’organisation de l’irrigation à partir de la Jalle et de sa dérivation la Réguette. Un terroir de polder s’est créé ; on y a développé la culture des céréales et des légumes, pour approvisionner Bordeaux.

Liste des moulins et de leurs propriétaires en 1844

La Poudrerie

Gajac à M Castaing

Le Thil à M Boisville

Le Moulinat

Jallepont à M Berthomieu

Les Landes

Majolan à M de Bryas

Canteret à M Lajarige

Bonneau à M Castaing

Caupian

Plassan

Bussaguet

Histoire de Landemoulin et Plassan

Les moulins du Moulinat et de Jallepont sont en amont du pont du Taillan , à Cantinolles, et en aval Landemoulin ( Moulin Blanc) et Plassan ( Moulin Noir).

Landemoulin appartenait aux Templiers, puis aux Chevaliers de St jean de Jérusalem, seigneurs du Vigean. Le moulin avait été donné aux Templiers avec les terres dépendantes par Gombaud , seigneur de Blanquefort de 1135 à 1158.

Le moulin de Plassan portait le nom de ses propriétaires, les seigneurs du Château de Lescalle situé près de la Place du 4 septembre. En 1394 Pey de Plassan céda la redevance féodale du moulin aux Frères Prêcheurs. Plus tard le moulin devint la propriété du duc de Duras seigneur de Blanquefort.

Les voisinages du Moulin Blanc et du Moulin Noir donnaient lieu à des conflits, l’été lorsque le débit était faible. Le 10 juillet 1705, Bertrand Brouard, meunier de Plassan porte plainte contre Jean Andron meunier de Landemoulin ,en amont ! Il lui reproche de trop retenir l’eau par « des moyens prohibés de droit et de coutume » pour réduire l’activité de son moulin de Plassan.

Canteret : le moulin de Canteret existait déjà au XVIè siècle,; le moulin a été le dernier à avoir fonctionné ; reconstruit en 1850, il a été transformé partiellement en petite usine électrique avant d’accueillir en 1965 l’usine de chaussures Mauduit, et des ateliers ont occupé les bâtiments anciens !

Le lavoir de Canteret était le grand lavoir municipal de Blanquefort. Les lavandières de la banlieue avaient une clientèle en ville… Abandonné dans les années 1950, puis restauré il a servit de base d’initiation au canoë-kayak.

Chaque moulin comportait au moins 2 meules. Périodiquement la partie tournante usée devait être soulevée à l’aide d’une potence et « habillée » : il s’agissait de redonner du relief à ses rayons en utilisant un marteau spécial.

Les meules étaient actionnées par des roues horizontales équipées de pales et reliées par un axe vertical. Ce système était bien adapté aux petites rivières .Lorsque on ouvrait la vanne , l’eau tombait sur la roue à aube horizontale. Un arbre, jadis en bois, transmettait la rotation à la meule courante concave qui en tournant écrasait le grain.

Après la Révolution, l’abolition du monopole seigneurial développe la concurrence entre meuniers. Les techniques s’améliorent, les moulins s’équipent d’une bluterie. Sous le 2ème Empire ils adoptent les engrenages en fonte.

les moulins à eau plus puissants et mieux approvisionnés en énergie résistent mieux à la concurrence des minoteries équipées de machines à vapeur. A la fin du XIX è siècle beaucoup de moulins se reconvertissent en usine hydraulique.

A La fin du XIX è siècle les minoteries industrielles s’implantent à Bordeaux : les moulins à eau s’arrêtent et deviennent des lieux de promenade. Sur les cartes postales de la belle Epoque on se promène en barque sur le « lac » du Moulin Noir, on y pêche à la ligne…

le moulin Blanc ( anciennement Landemoulin)

le moulin Blanc ( anciennement Landemoulin)

Tag(s) : #Histoire

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