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La corderie s’appelait « Au Bon Câble Médocain ».

C’était une fabrique de cordages en tout genre. Les petits enfants se souviennent de la fabrication de licols et d’avoir vu quelques clients qui étaient sans doute des éleveurs de bétails. M Perey se souvient de gros cordages d’amarrage de navires mais aussi de longe de fouets pour le bétail.

M Perey raconte : « Dans la cour de la corderie il y avait un gros sureau. Un moteur à essence y était installé avec une roue de charrette ; dessous il y avait des piquets et entre ,les fils de chanvre (plus ou moins suivant la grosseur du cordage à faire) . Ces fils de chanvre étaient alors descendu le long de la route de Pauillac jusqu’au rond point de la Charrette ; La rue de Pauillac était alors dénommée la « côte du cordier » ; l’extrémité de la rue de Cap de haut était alors barrée par les cordages !! Le moteur entraînait la roue qui faisait tourner les cordages pour les tresser ensemble. Albert Mourgues recevait du chanvre déjà en cordes, peut-être de Marseille ? »

C’était une petite entreprise qui employait juste une personne en plus du cordier ; par contre une corderie plus importante existait à Sainte Germaine à Bruges, avec plusieurs employés.

La carte de visite indique : Cordeaux en laine et coton pour Charpentiers et Scieurs de long CORDAGES EN TOUS GENRES .(document 3C)

Le registre du Commerce est à Bordeaux avec n° 8.369 A

Albert Mourgues allait vendre ses cordages sur les marchés ( Lesparre, Créon ,Sainte Hélène …) et il devait livrer aussi directement sur les quais de Bordeaux.

La corderie existait depuis 1853, Jean Albert Mourgues était fils et petit fils de cordier (celui qui créa la corderie).

M Albert Mourgues habitait 6 rue Albert Mourgues, mais il passait ses journées entières à la corderie, qui comprenait les ateliers et hangars, "maison de journée" et une petite pièce pour la mercerie de Mme Mourgues .Ces locaux étaient situés à l’angle de la rue du Moulin à Vent avec la rue de Pauillac (coté avenue du Médoc).Le 26 mai 1937,Jean Mourgues, époux Ornon, fait une déclaration écrite en mairie, pour une construction nouvelle , un atelier, sur la parcelle cadastrale B 157 ; cette construction débute le 5 mai 1937. Cette propriété a appartenu à la famille jusqu’à sa vente dans les années 1972/1975. (Document 6)

La mercerie de Madame Mourgues vendait aussi des chaussures. (2 factures de 1934(658,50 F & 225 F) attestent l’achat de lots à la manufacture Mougarède de Caudéran.

Jean Albert Mourgues est né le 24 juillet 1884 à Eysines et décédé le 16 juin 1953,service militaire dans le régiment de chasseurs d’Afrique(document 4)

Son père : Jean Mourgues, cordier (29 octobre 1856 à Blaye-14 avril 1928)

Sur le registre des décès à Eysines :décès de Jean Mourgues le 14 avril 1928, cordier né à Blaye le 29/10/1856 , fils de François et de Rose Laffon, époux de Louise Guiraudon (asthme)

Sa mère : Louise Guiraudon (5 mai 1861 à Bordeaux-1936)

Sa sœur : Marie Louise Mourgues née le 18 avril 1898 se marie ( étant mineure) le mardi 2 juillet 1918 avec Alexandre Camille Anduran , employé à la gare du midi , né à Bordeaux le 28 octobre 1890 et habitant Bordeaux ( ses parents : Jean Anduran cordier à Bordeaux et sa mère Jeanne Roland)

Son épouse (ci-dessous photo du mariage le 2 septembre 1909 à Eysines) : Madeleine Jeanne Ornon, née le 19 janvier 1887 à Eysines et décédée à Eysines en 1975; elle est fille de Pierre Ornon (8 /10/1852 & 02/09/1938) et de Jeanne Barre(1854 - 1939) .

Pierre Ornon(marié à Jeanne Barre) était jardinier au château du Vigean(Château Lescat), propriété de M Godbarge puis de M Maurice Amigues ( documents 1A & 1B & document 2)

Ses grands parents : François Mourgues (1828-1904) et Rose Laffon (1831 -1880)

François Mourgues est le 1er de la génération des cordiers, établit à Eysines au Vigean.

Jean Albert Mourgues fut adjoint au maire pendant 19 ans.

Il fut aussi président du comité des fêtes du Vigean.

Recensement de 1911 (archives municipales)

1/Jean Mourgues, cordier (56 ans), sa femme Louise (50 ans) leur fille Marie (13 ans) habitent au Bourg Est (maison 83, foyer 100)

Un ouvrier cordier Terrasse Emile (17 ans) habite avec eux

2/ Jean Mourgues, cordier (27 ans), sa femme Jeanne (24 ans) leur fils Jean 11 ans habitent Le Vigean (maison 486, foyer 606)

Etat Civil, registre des mariages (archives municipales)

Le mardi 2 juillet 1918 ,à 10 h ,la fille du Cordier Mourgues du Vigean ,Marie Louise 20 ans se marie avec Alexandre Anduran 28 ans , employé à la gare du Midi , mais surtout fils d’un cordier de Bordeaux Jean Anduran !

Recherches Archives Municipales du 5 mai 2014,Cadastre et matrices cadastrales

Mourgues Jean époux Ornon -année 1926- Case 681

Cadastre B 396 au Vigean en 1924 Maison

Cadastre A 790 Poteau du Vigean en 1930 Maison

Cadastre A 790 Poteau du Vigean en 1930 Magasin

Remerciements aux petits enfants du cordier : Dany Lagnès,Jacques Pilo Mabele,Nicole Pilo Mabele, en souvenir de Françoise Pilo Mabele ( 1944 - 2005) & à M & Mme Pierre Perey

Propos recueillis & Recherches aux Archives Municipales par P Laguerre & E Roux

Nota sur le métier de cordier, trouvé sur internet (Le cordier Mourgues ne récoltait pas le chanvre, et donc ne préparait pas la filasse)

Le métier de cordier est très ancien. Il était souvent exercé en saison estivale, l’hiver était occupé au travail plus minutieux pouvant être effectué sous abris. Des travaux de bourrellerie étaient alors réalisés comme par exemple les émouchettes pour les chevaux.

Le cordier fabriquait surtout des longes pour les attelages agricoles, ce qui explique qu'il était aussi parfois bourrelier.

Les cordes

Pour les petits cordages, on tord directement les fils de caret ensemble.

Pour les cordages plus gros, on réunit plusieurs fils qui forment des faisceaux, chaque faisceau sera tordu à part pour former un toron. Les torons serviront ensuite à la fabrication de gros cordages : cordes à trois, quatre ou six torons.

Pour les gros cordages, un filament central forme l’âme de la corde.

Le chanvre se travaille près des ruisseaux. C’est une plante riche en fibres, la récolte se fait par arrachage. Les plantes sont ensuite liées en petites bottes et destinées, après un petit temps de séchage, au rouissage.

Le rouissage consiste à faire macérer le chanvre dans l’eau pendant plusieurs jours.. Cette opération polluait l’eau. Le rouissage permet de dissoudre la gomme qui soude les fibres de la plante. Dès que les fibres se détachent sur toute la longueur, la plante est sortie de l’eau pour être séchée.

On peut ensuite procéder au broyage.

La préparation de la filasse

Le broyage et le teillage :Le broyage se faisait à l’aide d’une broie (broyé en langue ancienne ou encore brée ou braye). C’est une sorte de grande mâchoire en bois, parfois en métal qui se referme sur les tiges. En passant les plantes dans la broie, toutes les parties non fibreuses sont broyées.

Il arrivait qu’après avoir broyé le chanvre dans une broie en bois, on utilisait celle en métal pour affiner le travail.

Le teillage permettait d’éliminer toutes les parties broyées au cours de l’étape précédente. Le teillage est réalisé avec de gros peignes (dits aussi « pointes à chanvre ») posés à plat dans lesquels on passe les fibres pour les débarrasser des dernières impuretés. On ne conserve alors que la fibre sous forme de filasse. Cette opération nécessite un véritable tour de main pour extraire la fillasse des pointes métalliques de l’outil.

Le cardage ou affinage

L’affinage de la fibre se fait au moyen de cardes. Les fibres sont peignées et démêlées afin de les rendre bien parallèles pour le filage.

Pour cette opération, on utilisait des cardes à main. Avec l'essor de la mécanisation au XIXe siècle, les cardeuses mécaniques (à balancier) puis les cardeuses à tambour ont remplacé l'outillage manuel. Ces machines étiraient les fibres, par un mouvement mécanique latéral

mariage du Cordier Mourgues en 1910

mariage du Cordier Mourgues en 1910

Le cordier Jean Albert Mourgues, au Vigean
Tag(s) : #Histoire

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