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Andernos a des racines très anciennes, elle a plusieurs millénaires. Dans le quartier du Bétey ( à l’embouchure de la rivière nommée Bétey) un site paléolithique et un autre néolithique ont été trouvés . C’est un site préhistorique extrêmement important (il n’y en a que 2 en Aquitaine) car c’est l’époque de la fin des « chasseurs-cueilleurs » et le début des premiers agriculteurs .Les premières fouilles ont mis au jour plus de 10 000 objets dont une partie se trouve au musée d’Aquitaine de Bordeaux.

Au tout début de l’ère chrétienne, on parle du Pays de Buch qui s’étend alors du Porge à Sanguinet ;la capitale est alors peut-être La Teste, mais les fouilles de 1904 feront penser à Andernos, mais finalement ce serait à Lamothe , à côté de Biganos !! Le pays de Buch est habité par les Boïens ( ou Boïates). Il y a eu une production de sel et de poix végétale avant l’arrivée des romains.

Andernos ajoutera Les Bains à son nom en 1896, grâce au dynamisme de son maire de l’époque Louis Théodore David ( maire de 1900 à 1929) qui transformera la bourgade de pêcheurs en une station qui attirera les bourgeois de Bordeaux et les artistes français.

1/ les vestiges gallo-romains

Ce site a certainement une longue histoire depuis le 1er siècle . En 1903, l’église Saint Eloi est entourée d’un cimetière que Louis David veut déplacer pour cause de tempête mais aussi pour mettre en œuvre un superbe parc juste en bord de Bassin.

On commence donc à déplacer les sépultures et on découvre un mur … Aurélien de Sarrau , ami de Louis David et membre de la Société Archéologique de Bordeaux vient mettre en œuvre des fouilles dès 1904 ; des photos sont prises , on découvre des sarcophages , des débris de poteries sigillées , de bijoux en verre et métal , de bronze et 2 murs arrondis parallèles et une pierre gravée en marbre d’environ 30 cm( l’inscription pourrait dire : « … Epidus, évêque de l’église des Boyens… »… On date… : la vaisselle est du Ier et II ème siècle, sarcophages et sépultures ,de l’ époque mérovingienne , le reste est gallo-romain et on déduit que les murs en arrondi sont les soubassements d’une basilique du IV siècle … Est-ce une basilique ?...On clôt alors le site …. Mais vers 1990 on étudie à nouveau … les 2 murs parallèles n’ont aucune ouverture pour aller de l’un à l’autre, la thèse de l’abside s’effrite. On sait aussi que le littoral a reculé terriblement ,au cours de l’histoire alors l’idée que l’on a découvert qu’une toute petite partie de l’édifice fait son chemin .Les vestiges mis au jour en 1903 et 1904 ne sont que la petite partie d’une riche villa, et la partie en arrondie est la salle à manger. en 1871 lors de la construction de la mairie école, on a trouvé un mur de 150 m de long sur 2 m de large, la pierre a alors été vendue !mais le long de ce grand mur il y a des soubassements de 80 « chambres » … Une partie de la villa daterait du 1er siècle , période des grandes propriétés agricoles et ici sans doute maritime ( les chambres , des lieux de production de poisson ou d’huitres ?)Mais cette fois sans aucun doute , il s’agit d’une riche propriété avec partie habitée et parties agricoles ,comme celle de Plassac , et de Périgueux.

La villa a sans doute été abandonnée ou détruite, le site devient alors une nécropole ? Ce qui est sûr c’est que l’église Saint Eloi est construite sur les fondations de la villa.

2/ l’église romane Saint Eloi

Une restauration de 2007 à 2010 a voulu redonner à l’édifice son cachet d’origine.

Au XI ème siècle une petite église est construite , une nef et un chœur . Au XII ajoute une abside, puis au XV les bas cotés ; Un clocher a été sans doute reconstruit plusieurs fois, abimé par les tempêtes. Celui que l’on voit date de 1896 , dans le style Viollet le Duc ; c’est un clocher-porche ,situé à l’inverse de son emplacement traditionnel ,mais aussi bien visible depuis la cité et protégé des tempêtes ; il est accolé à l’église .En 1950 on construit une sorte d’enceinte pour rattacher l’ensemble ! ce « hangar » sera enfin démoli en 2007. On découvre alors de vrais trésors.

Dans la chapelle de Sainte Quitterie , il y a une veyrine qui servait jusqu’à la fin du XVIII ème siècle où elle a été murée.

A l’intérieur une fresque de la fin du Moyen-Age dans la chapelle de Sainte Quitterie ; dans le chœur des fresques de 2 époques ; au fond sur le cul-de-four , peintures des XVII et XVIII dans les tons bruns. A l’avant, sur la voute, des fresques plus anciennes représentant les 4 apôtres et la soutenant, des colonnettes, des chapiteaux et la corniche sont sculptés dans le style roman avec des entrelacs très élégants . Les décors peints du sanctuaire ont été dégagés et restaurés par Rosalie Godin.

Le mobilier intérieur est moderne en métal avec des dessins colorés par des techniques de jet d’acide ,de Michel Rozier , tout est symbolique.

La fresque du plafond de la nef est elle aussi de 2007 de Marc Borkowsky ; Elle représente en trompe l’œil , la mer déchainée et un filet symbolisant les pêcheurs et en son centre la lumière divine ;

Les vitraux sont des années 1970 de Raymond Mirande , évocation des 4 éléments . Le petit vitrail du chœur est sur un dessin de Mirande , réalisé en 2007 lors de la dernière restauration

Cette visite a été guidée par Maud Nicolas de l’office de tourisme , qui nous a apporté maintes explications avec beaucoup de détails précis sur à la fois l’histoire et l’architecture . Nous la remercions vivement pour cette excellente matinée.

Nous quittons le quartier St Eloi et nous nous dirigeons à pieds vers la jetée d’Andernos tout en admirant les villas fin XIX et début XX . Nous mangeons au Bistro de Bacchus , en bordure du parc de la Villa Ignota . Après cet agréable repas , nous faisons un petit détour pour admirer la façade de la villa Ignota , puis regagnons le port ostréicole .

Pascal Tornier de l’association « Nature et Bassin » sera notre guide de l’après midi .En déambulant sur les darses, il nous racontera l’histoire du port , de ses pêcheurs et ostréiculteurs , de la flore et la faune des eaux du Bassin et bien sûr de l’huitre . Nous le remercions pour cette promenade très enrichissante sous un beau soleil encore bien chaud pour un 22 novembre !

3/ le port ostréicole

Histoire : Le bassin d’Arcachon s’est creusé progressivement. Il y a fort longtemps la Leyre traversait des marais pour se jeter dans l’océan au niveau de Claouey ! Puis il y eu un golfe qui s’est fermé petit à petit pour former la presqu’ile du Cap Ferret . En 1750 la presqu’ile s’arrêtait au phare du Cap ! Il y a encore 30 ans on craignait que le Bassin ne se ferme. Mais c’est l’inverse qui se passe, la mer grignote la côte qui a perdu 400 m en 5 années.

Bien avant le port il y a eu des réservoirs à poisson ; ce sont ces anciennes constructions qui ont ensuite défini les darses .

David Allègre , breton d’origine est venu à Andernos ; il fut le constructeur du premier chalutier à vapeur du monde, le Turbot qu’il lança à Arcachon.

Le port d’Andernos est de 1959 , c’est pour cela que les cabanes ne sont pas en bois mais en « dur »

Le Bassin a accueilli au départ des pêcheurs ; les huitres étaient cultivées sur l’estuaire. Vers 1850, un bateau portugais en perdition au large a dû se défaire de son chargement d’huitres, et elles ont colonisé le Bassin; les premières huitres à être élevées furent les huitres plates la gravette, puis l’huitre creuse du Portugal. En 1970 une maladie a tué tous les coquillages, on a donc importé une huitre du Japon. Ce drame a contribué à la diminution des ostréiculteurs qui de 70 sont passés à 25.

Ecosystème :En nous approchant de la 1ère darse , nous sommes encore à marée basse et nous apercevons sur la plage du « varech », brun et juste en dessous du vert….Ce n’est pas du varech : Ce qui est brun est de la zostère , Ce qui est vert est une petite algue fine appelée ulve . La zostère est une graminée qui poussent sur le sable et qui sèche ensuite en fin d’été ; elle s’amasse alors en limite de plage , les vagues la pousse doucement et elle protège la côte au cours des tempêtes hivernales.

Cette zostère se développe plus au moins en fonction de la salinité des eaux ; cette salinité n’est pas constante puisqu’elle dépend à la fois du volume d’eau douce apportées par les rivières ( la Leyre étant la plus importante) mais aussi par les températures . Les bernaches cravant hibernent sur la bassin et mangent cette zostère. Les oies étaient 3 000 il y a encore 30 ans ; elles sont maintenant 10 000 car elles ne sont plus chassées, mais elles détruisent complètement cette zostère qui est cependant un élément essentiel pour l’équilibre écologique.

L’ulve se développe lorsqu’il fait chaud ; elle est apparue récemment à cause des nitrates dus à la maïsiculture. Cette ulve ne sèche pas mais pourrit et dégage alors un gaz nocif !

L’équilibre des eaux du Bassin est très délicat, chaque phénomène naturel et humain interfère et peut provoquer de gros problèmes ; on étudie encore beaucoup pour essayer de gèrer au mieux les phénomènes lorsque c’est possible .

L’eau est donc plus ou moins salée , cela dépend de la quantité d’eau fluviale amenée par les rivières.

Le nombre des coquillages est bien sûr en fonction de la qualité des eaux ; si les palourdes sont en nombre stable, il n’en est pas de même pour les crevettes, bigorneaux, anguilles et autres qui diminuent .Et pourtant les eaux du Bassin accueill(ai ?)ent beaucoup d’espèces : mules, bars, maigres, rougets, sèches, baliste, anguilles….

L’élevage de l’huitre : L’élevage se fait sur des concessions gérées par les Affaires Maritimes. Les parcs se trouvent dans 3 lieux : l’île aux Oiseaux, le Cap Ferret et le Banc d’Arguin ; les ostréiculteurs ont chacun un parc aux 3 endroits .

L’huitre a été cultivée sur le sol jusque dans les années 1975 ,et non sur les « tables » comme maintenant .Elles étaient alors « remuées » à l’aide de fourches et ramenées à terre dans des panetières .

L’Ifremer fait des tests et des prélèvements pour aider au maximum les ostréiculteurs.

Les huitres naissent naturellement ici .Le Bassin exporte les naissains vers la Bretagne, Etang de Thau, etc , et même à l’étranger. En mai les eaux se réchauffent. Les huîtres vont produire une laitance qui contient des cellules ; lorsque les eaux atteignent 24 ° les huitres s’ouvrent et laissent échapper leur laitance, les mâles et femelles se fécondent naturellement. Chaque embryon se déplace dans l’eau grâce à de petits cils. Après 20 jours ils vont se fixer sur du bois, de la pierre etc., puis pour se protéger l’embryon produit du calcaire, c’est sa coquille ! Le travail des ostréiculteurs est de récupérer le maximum de ces naissains ; pour cela ils utilisent des sortes de grandes tuiles canal préalablement préparées (trempées dans de la chaux et du sable , puis séchées ) . Les ostréiculteurs vont alors mettre ces tuiles sur des tables de fer dans les parcs et les embryons viennent !. Sur un collecteur il y peut il y avoir jusqu’à 1 000 huitres mais les mauvaises années cela ne peut être que 50 !

Après 1 mois les huitres mesurent 1 mm et 1 cm au bout de 7 à 8 mois. A ce moment, les éleveurs ramènent les tuiles à terre, récupèrent les naissains et les mettent dans des poches à petites mailles ; puis les ramènent sur les tables dans les parcs.(un essai a été fait avec des collecteurs en plastique(moins lourd à manipuler que les tuiles) mais l’essai n’est pas concluant !) Les parcs ne sont pas en eaux profondes, les poches sont découvertes environ 3 heures à chaque marée

Les poches sont ramenées à terre régulièrement pour les nettoyer, car il est nécessaire que l’eau puisse circuler pour permettre aux huitres de se nourrir et de grossir .L’huitre filtre 4 à 5 litres d’eau par heure. Les ostréiculteurs, changent régulièrement les huitres de poches ; elles vont être de moins en moins nombreuses dans des poches aux mailles de plus en plus grosses (exemple : les huitres de 1 an seront avec des mailles de 9)

Elles vont mettre environ 3 ans pour être consommables ; mais auparavant les huitres vont être manipulées au moins 20 fois par l’ostréiculteur.

Près des cabanes il y a des bassins où sont stockées les huitres avant la vente.

Pour plaire aux touristes, on a voulu produire une huitre qui n’ait pas de laitance en été … Mais elles se sont échappées de leur lieu clos de production, et on a constaté qu’elles étaient sensibles au moindre petit déséquilibre !! On a donc arrêté cette production.

Les bateaux : Il faut aller régulièrement sur les parcs, le bateau est donc indispensable. Il doit permettre de faire les trajets au plus vite. Les cabanes tchanquées ont été construites pour permettre aux ostréiculteurs de passer une nuit sur place et éviter ainsi de la perte de temps en déplacement !

Les pinasses en bois font 8,50 m de long et 1,30m de large; elles sont à la fois à voile et à avirons pour pouvoir se déplacer régulièrement. Le coudey sert à diriger la pinasse ; celui qui est au coudey , est aussi celui qui donne le rythme aux rameurs. La pinasse a une petite voile pour le travail mais le dimanche les éleveurs régatent et mettent alors une voile de 30 m2 . La pinasse est très longue par rapport à sa largeur, elle est donc très peu stable.

Le moteur a été abrité dans une petite cabine et la pinasse mesure alors 9,50 m . Sur une pinasse on mettait 200 kg d’huitres ; pour rentabiliser les allées et venues entre les parcs et le port, les ostréiculteurs se sont mis à tirer des barges plates qui permettaient d’avoir plus de chargement ; Alors les chantiers navals ont construit un bateau moderne , beaucoup plus grand que la pinasse et plat comme la barge ! Ce bateau peut charger 4 tonnes ! Les bateaux peuvent naviguer dans 40 cm d’eau ; ils ont des moteurs puissants ; ainsi les trajets des cabanes aux parcs sont plus courts.

La pinasse à voile n’a pas été abandonnée ! Les chantiers à Gujan et à la Teste continuent d’en construire à l’identique ; cette construction dure 700 heures ; il n’y a pas de plan mais un gabarit. A Gujan on fabrique surtout les pinasses à voile et à la Teste celles à avirons. Une pinasse coute environ 40 000 €

Une belle journée à Andernos qui nous a permis grâce à nos guides d’en connaître beaucoup plus sur cette jolie ville et l’élevage de l’huitre.

Elisabeth Roux

les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi
les vestiges gallo romain et l'église St Eloi

les vestiges gallo romain et l'église St Eloi

le port ostréicole
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